Depuis son arrivée au pouvoir, Macky Sall œuvre au réchauffement de ses relations avec la plupart de ses homologues, de l’Afrique de l’Ouest à la Chine. Une approche qui lui a permis tout à la fois de multiplier les projets de partenariat et d’asseoir son leadership.

«Je demande à nos partenaires d’accompagner la résilience du continent africain en annulant sa dette. » Le 25 mars, le président Macky Sall lançait un appel solennel à la communauté internationale. Sur le plateau de France 24, le 17 avril, il qualifiait de « préliminaire » le moratoire sur la dette bilatérale des pays les plus pauvres que venaient d’annoncer le G20 et le Club de Paris. À l’heure où les économies du monde entier sont ébranlées par la pandémie de Covid-19, le chef de l’État a revêtu le costume de porte-parole des économies africaines.

Cette posture témoigne de la montée en puissance progressive du leadership sénégalais, alimentée ces dernières années par une offensive diplomatique que l’on pourrait qualifier d’amicale. « La vocation de mon pays, depuis l’indépendance, est d’être ami de tous les pays et de n’avoir aucun ennemi », raconte même Macky Sall dans son autobiographie Le Sénégal au cœur, parue en 2019.

S’il n’a pas inventé le concept déjà plébiscité sous Léopold Sédar Senghor, le président a en revanche renouvelé le style. Du temps d’Abdoulaye Wade, héraut du panafricanisme, la diplomatie se faisait le verbe haut, quitte à froisser certains. « Sous Wade, c’était la diplomatie des coups d’éclat, comme sa visite à Benghazi dans l’avion de Nicolas Sarkozy. Avec Macky Sall, le ton a changé, c’est plus subtil », résume le chercheur Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute.

Plus subtil et plus fédérateur. En témoigne la photographie inédite de la prestation de serment qui s’est tenue le 2 avril 2019 à Dakar. L’événement a des allures de sommet de l’Union africaine. Alors qu’il vient d’être réélu à la tête du pays, Macky Sall reçoit une myriade de chefs d’État dans la grande salle du Centre des expositions de Diamniadio. Sont présents les alliés tels que l’Ivoirien Alassane Ouattara ou le Rwandais Paul Kagame, mais aussi les contempteurs d’hier, à l’image du Mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz, dont la présence est perçue comme les prémices d’un réchauffement entre les deux pays.

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