Dans les villes tropicales, miser sur le vent plutôt que sur la clim

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Face à la chaleur insupportable qui s’abat sur certaines zones du monde, il est plus judicieux d’imaginer des villes naturellement ventilées que d’empirer la situation par la climatisation

Les 140 pays de la zone tropicale abritent 34% des habitant·es de la planète et occupent une part beaucoup plus conséquente que les pays des latitudes moyennes dans l’accroissement actuel de la population mondiale.

Dans le contexte de crise climatique et sanitaire, se pose dans ces régions où les épisodes de grande chaleur se multiplient la question de la climatisation, qui représente une dépense énergétique colossale et engendre des problèmes de qualité de l’air. Comment réduire au maximum son usage et favoriser une conception passive et plus saine des bâtiments?

Poursuivre cet objectif exige un travail de conception à l’échelle du bâtiment, avec des protections solaires et une ventilation naturelle efficaces, mais également à l’échelle du quartier et de la ville, pour favoriser les écoulements d’air et non les réduire. L’idée est de promouvoir un «urbanisme éolien».

Des édifices naturellement ventilés

La conception d’un édifice en climat tropical repose sur ce que l’on appelle le concept de l’arbre: l’occupant·e doit ressentir la même sensation de confort thermique qu’à l’ombre d’un arbre, à savoir un système d’air ventilé et une protection solaire efficace.

La convection (c’est-à-dire ici le transfert de chaleur entre l’air et l’organisme) liée à la vitesse de l’air représente entre 35% et 50% des échanges du corps humain, en fonction de son intensité.

Ceci souligne l’importance fondamentale de la ventilation naturelle dans le confort, que ce soit à l’échelle du quartier ou du bâtiment dans lequel on vit ou l’on travaille. La conception bioclimatique en milieu tropical humide repose, en partie, sur l’optimisation de celle-ci.

Pour ressentir les effets rafraîchissants d’une vitesse d’air en climat chaud et humide, celle-ci doit être a minima de l’ordre de 1 mètre par seconde. Garantir de telles conditions implique de maîtriser la chaîne de la ventilation naturelle: il faut assurer une vitesse minimale de circulation de l’air sur l’occupant·e et dans le bâtiment à partir d’une vitesse initiale connue, issue de la station météo de référence la plus proche.

Pour cela, il faut concevoir un bâtiment qui tienne compte d’obstacles tels que la topographie du terrain, sa rugosité, l’urbanisme environnant, la forme bâtie ou l’organisation interne des bâtiments –autant d’éléments qui peuvent freiner ou empêcher la circulation du vent.

Il s’agit donc au préalable de définir une bonne conception thermique et aéraulique du bâtiment, avec une ventilation naturelle des espaces habitables doublée d’une bonne conception thermique de l’enveloppe du bâtiment et de ses abords.

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