Quels effets de la pollution de l’air sur notre cerveau?

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De nouvelles études montrent que la pollution de l’air provoque une altération du jugement, des problèmes de santé mentale, de moins bons résultats scolaires et des niveaux de criminalité plus élevés, relate la BBC.

En 2011, Sefi Roth, chercheur à la London School of Economics, a mené une enquête scientifique visant à déterminer si la pollution de l’air avait un effet sur les performances cognitives.

Sefi Roth et son équipe ont examiné des étudiant·es qui passaient leurs examens au cours de différents jours, et ils ont également mesuré la quantité de pollution de l’air ces jours-là. Bilan? Les jours les plus pollués étaient en corrélation avec les pires résultats aux examens. Les jours où l’air était le plus pur, les élèves obtenaient de meilleurs résultats.

Criminalité en hausse

En 2018, son équipe a analysé deux années de données sur la criminalité dans plus de 600 circonscriptions électorales de Londres et a constaté que durant les jours les plus pollués, les délits mineurs étaient plus nombreux, tant dans les quartiers riches que dans les quartiers pauvres.

Alors que les données de Sefi Roth n’ont pas trouvé d’effet prononcé sur les crimes les plus graves que sont les meurtres et les viols, une autre étude de 2018 menée par Jackson Lu, du MIT, a révélé que la pollution atmosphérique était corrélée à un nombre plus haut d’homicides involontaires, de viols ou d’agressions.

Il existe de nombreux mécanismes potentiels qui pourraient expliquer comment la pollution de l’air affecte notre moralité. Jackson Lu, par exemple, a montré que la simple pensée de la pollution peut influencer notre psychologie par ses associations négatives.

Un impact sur le cerveau

Naturellement, les scientifiques n’ont pas été en mesure d’exposer physiquement les participant·es à la pollution. Ils leur ont donc montré des photos d’une ville extrêmement polluée et leur ont demandé de s’imaginer y vivre.

L’étude montre que l’anxiété des volontaires augmentait et qu’ils devenaient plus centrés sur eux-mêmes –deux réactions qui peuvent favoriser les comportements agressifs et irresponsables.

L’exposition à divers polluants peut endommager la structure du cerveau et les connexions neurales. «Ce qui pourrait donc se produire, c’est que ces polluants atmosphériques endommagent le lobe préfrontal, la zone qui contrôle nos impulsions, notre fonction exécutive et notre maîtrise de soi», explique Diana Younan, de l’Université de Californie du Sud.

Outre l’augmentation de la criminalité, cela pourrait également entraîner un grave déclin de la santé mentale. Une étude de mars 2019 a même montré que les adolescent·es exposé·es à un air toxique et pollué sont plus exposé·es à des épisodes psychotiques, comme entendre des voix ou être paranoïaque.

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