Coup d’Etat au Mali : le président, Ibrahim Boubacar Keïta, démissionne

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Une mutinerie, commencée mardi matin, a précipité la chute du président malien dans une ambiance de liesse populaire, mêlée d’incertitudes sur les conséquences de ce renversement.

Il y a comme une boucle bouclée, un étrange retour. Ibrahim Boubacar Keïta, le président malien, a été amené par des mutins, en fin de journée, mardi 18 août, au camp de Kati, à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de Bamako, là où, huit ans plus tôt, avait démarré une autre mutinerie qui avait fait chuter le président de l’époque, son prédécesseur, Amadou Toumani Touré. Ce dernier, surnommé « ATT », était parvenu à fuir le palais présidentiel de Koulouba, situé entre Kati et la capitale, et avait gagné clandestinement la Guinée avec l’aide de quelques fidèles.

Ibrahim Bouba Keita, dit « IBK », n’a pas eu cette chance. Il a été arrêté, sans doute à son domicile du quartier de Sébénikoro, tout comme son premier ministre, Boubou Cissé, avant d’être conduit au camp de l’armée de terre, à Kati, alors que des scènes de joie éclataient dans les rues de Bamako, à la nouvelle de la chute de l’homme élu en 2013, quelques mois après le coup d’Etat, et réélu en 2018, mais fortement contesté depuis plusieurs mois – au point que les observateurs jugeaient, ces derniers temps, son pouvoir « extrêmement fragile ».

Le président a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi sa démission et la dissolution du Parlement et du gouvernement. « Je voudrais à ce moment précis, tout en remerciant le peuple malien de son accompagnement au long de ces longues années et la chaleur de son affection, vous dire ma décision de quitter mes fonctions, toutes mes fonctions, à partir de ce moment », a dit « IBK » dans une allocution diffusée par la télévision nationale ORTM.

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