Un pont sur le fleuve Gambie pour développer la Casamance

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C’est une petite révolution pour les habitants de Casamance. Attendu depuis plusieurs dizaines d’années, le pont sur le fleuve Gambie a été inauguré aujourd’hui.

C’est un événement d’envergure pour les habitants du Sénégal et de Gambie. Désormais, un pont d’un kilomètre de long permet d’éviter d’emprunter le ferry pour traverser le fleuve Gambie.

Le pont Farafégny a été inauguré lundi avant d’être ouvert dès ce mardi aux véhicules légers et à partir de juillet aux véhicules lourds, notamment les camions. Dans un premier temps, selon les autorités, le tarif pour l’emprunter sera le même que pour le bac dont se servaient les habitants jusque-là.

Gain de temps

L’ouverture du pont doit mettre fin aux pertes de temps pour les Casamançais se rendant au nord du Sénégal. C’est le sentiment de tous les Casamançais, à l’image de Lamine Ndiaye, un habitant de Ziguinchor :

« Fini les pertes de temps au niveau de la Transgambienne. C’est une réjouissance, on est très content parce que si on quitte Ziguinchor, on est sûr d’arriver le même jour à Dakar sans perdre de temps au niveau de la Gambie. »

Pour Birane Ndiaye, un entrepreneur qui fait régulièrement la navette entre Ziguinchor et Dakar, ce pont va être le déclic du développement économique de la Casamance :

« Ça va mettre fin au retard sur le plan économique et aux manquements qu’on enregistre souvent sur cet axe parce que quelquefois, les commerçants achètent des marchandises à Dakar, arrivent au bac et cela leur prend deux, trois ou même quatre jours. C’est un manque à gagner. Et quand c’est un produit périssable, vous ne pouvez pas imaginer les dégâts. »

Du point de vue de Pascal Ehemba, président de la Chambre de commerce de Ziguinchor, cet ouvrage sera un moteur de l’intégration économique africaine :

« Ce pont de Banjul va encore accélérer l’intégration africaine dont nous avons tant besoin. L’intégration africaine, tout le monde le sait, est là pour faciliter le passage des marchandises, le passage des personnes.

Et donc aujourd’hui, on peut partir de Dakar, traverser la Casamance, aller jusqu’en Guinée-Bissau, jusqu’en Guinée-Conakry et rejoindre le reste de l’Afrique. »

Développer l’économie de la région

Néanmoins, Pascal Ehemba ajoute que les Casamançais doivent profiter de cette chance pour se mettre au travail et développer leur région :

« Maintenant le désenclavement est fait. Il faut donc que la population casamançaise se mette au travail pour qu’on puisse relever le défi économique dans cette région. »

Ce pont est le fruit d’une collaboration entre le Sénégal et la Gambie. Il a été réalisé grâce à un financement de la Banque africaine de développement, obtenu du temps du régime de Yahya Jammeh.

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