Au Brésil, les femmes sont incitées à retarder leur grossesse à cause du Covid-19

0
83

Le variant P1, devenu majoritaire dans plusieurs régions du Brésil, a un taux de transmission bien plus élevé que la souche classique du coronavirus.

Alors que le Brésil est devenu l’un des épicentres mondiaux de la pandémie de Covid-19, derrière les États-Unis et l’Inde, comptant à ce jour plus de 368.000 décès, les autorités du pays ont recommandé aux femmes de reporter dans la mesure du possible leur projet de grossesse, jusqu’à ce que le pic de la pandémie soit passé.

Le nombre croissant de variants du virus qui se sont développés au Brésil –au moins 92– inquiète de plus en plus les professionnel·les de santé, et il semblerait que le variant P1, plus virulent et surtout plus transmissible que la souche classique, affecte davantage les femmes enceintes que les versions précédentes du coronavirus.

Repousser les grossesses

«Si c’est possible, retardez un peu la grossesse jusqu’à un meilleur moment, où vous pourriez vivre votre grossesse calmement», a ainsi déclaré Raphael Parente, le secrétaire des soins de Santé primaires du ministère brésilien lors d’une conférence de presse, ce vendredi 16 avril.

Cette recommandation intervient dans un contexte de saturation du système hospitalier, et au regard de la diffusion croissante du variant P1, qui selon une récente étude brésilienne, dont les conclusions n’ont pas encore été validées par des pairs, serait entre 1,8 et 2,6 fois plus transmissible, et de 1,1 à 1,8 fois plus virulent que les variants communs du SRAS-CoV-2.

«L’expérience clinique des spécialistes montre que cette nouvelle variante agit de manière plus agressive chez les femmes enceintes», a ajouté Parente, qui précise que des formes graves de Covid-19 sont récemment survenues lors des premier et second trimestres de la grossesse de certaines femmes.

Un variant encore mal connu, mais virulent

Le variant P1, originaire de la ville de Manaus, au nord du Brésil, a été identifié pour la première fois en janvier 2021 au Japon, et aurait probablement émergé dès le mois de novembre 2020. Il a été depuis isolé dans 36 autres pays, dont la France, qui a récemment suspendu les vols en provenance et à destination du Brésil.

Au mois de mars, plus de la moitié des patient·es brésilien·nes en soins intensifs étaient âgé·es de 40 ans ou moins. On ne sait pas encore si l’augmentation de la mortalité chez les patient·es les plus jeunes est liée à une virulence accrue du variant P1, ou à une exposition au virus plus forte de cette tranche de la population, qui continue de travailler sans que des mesures de distanciation physique et de restriction aient été coordonnées au niveau national.

Le président Jair Bolsonaro s’est illustré par son opposition aux mesures de confinement, et l’organisation de grandes manifestations où il observe rigoureusement l’absence des gestes barrières. Le déploiement d’une campagne de vaccination a quant à lui été marqué par de nombreux retards, qui s’ajoutent à la détresse de services hospitaliers débordés et en rupture de stocks de vaccins et de médicaments.

Jeudi 15 avril, un envoi d’urgence de médicaments en provenance de la Chine est arrivé, tandis que le Brésil attend des dons de l’Espagne, qui devraient arriver la semaine prochaine. Alors que les lits de soins intensifs de São Paulo sont occupés à 85%, la ville devrait commencer à rouvrir les magasins et les restaurants.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici