Transition énergétique : une opportunité historique pour l’Afrique

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Les formidables ressources minières du continent ont vocation à faire de l’Afrique la championne de la transition verte que le monde entier appelle de ses vœux. Réconcilier transition énergétique et transformation économique et tracer les nouveaux chemins de la prospérité, telle est l’ambition défendue par Amir Ben Yahmed, président et fondateur de l’Africa CEO Forum.

Il est un débat dont la nature a radicalement changé en quelques mois : celui autour du gaz naturel. En novembre 2021, cette énergie fossile qui émet deux fois moins de gaz à effet de serre que le charbon et 30 % de moins que le pétrole, était en voie de bannissement. Lors de la COP26, de multiples voix avaient appelé à la réduction des subventions accordées aux énergies carbonées, gaz compris. Pourtant, trois mois plus tard, le 2 février dernier, la Commission européenne l’intronisait « énergie de transition » et lui accordait, sous certaines conditions, le label « vert » pour les investissements destinés aux centrales électriques à gaz.

Au même moment, la tension était au plus haut entre la Russie et l’Ukraine. Trois semaines plus tard, l’offensive russe allait couper certains pays européens de plus de la moitié de leur approvisionnement en gaz. Très réactive, Rome, dont 45 % des fournitures de gaz provenaient alors de Moscou, signait quelques semaines plus tard des accords d’approvisionnement avec l’Algérie, l’Égypte, la République du Congo et Angola.

Les financements gaziers, qui tendaient à se raréfier ces derniers temps, retrouvent brusquement le chemin de l’Afrique. Avant même ce retournement, une étude du cabinet norvégien Rystad Energy publiée en février estimait que le continent, dont les côtes regorgent de gaz naturel, pourrait voir sa production doubler d’ici à 2030, de 1,3 million à 2,7 millions de barils équivalent pétrole.  

Immense potentiel africain

Ironie de l’histoire, cette fenêtre d’opportunité qui semblait se refermer en cache d’autres, liées elles aussi à la transition énergétique et à la lutte contre le changement climatique. Les ressources minières du continent, d’abord, sont les éléments de base d’une transition énergétique éminemment vorace en métaux. Pour produire un TW d’électricité, une centrale solaire nécessite trois fois plus de quantité de métal qu’une turbine à gaz. Une centrale éolienne quatre fois plus.

UNE DIZAINE DE PROJETS D’HYDROGÈNE VERT SONT ACTUELLEMENT EN DÉVELOPPEMENT

Cobalt, cuivre, graphite, nickel, aluminium, lithium… De la Guinée à la Tanzanie, du Gabon à l’Afrique du Sud en passant par la Zambie, ces métaux « verts », qui sont aussi des composants essentiels de la fabrication de batteries pour véhicules électriques, sont présents en abondance.

Le potentiel du continent en matière de production d’hydrogène, ensuite. Coût maîtrisé du foncier, ensoleillement, proximité avec l’Europe et sa demande croissante doivent en théorie permettre à l’Afrique de fournir une production d’hydrogène à grande échelle à un prix compétitif. Déjà, une dizaine de projets d’hydrogène vert sont actuellement en développement de l’Égypte à la Namibie en passant par la Mauritanie. Certes, personne ne voit l’hydrogène devenir un vecteur d’énergie rentable et en quantité suffisante avant de nombreuses années, mais c’est bien une nouvelle fenêtre qui s’ouvre.  

Nouveaux chemins de la prospérité

Sont-ce cela les « nouveaux chemins de la prospérité africaine » que l’AFRICA CEO FORUM appelle de ses vœux ? Certainement pas. Si cette manne promise est une bonne nouvelle au sortir d’une période qui a fortement affecté les finances publiques du continent, ce dernier a trop longtemps subi la malédiction des matières premières pour répéter les mêmes erreurs.

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