La guerre en Ukraine fait entrer le Moyen-Orient dans une nouvelle phase de son histoire

0
2

 L’invasion russe a permis au Moyen-Orient d’affirmer une certaine indépendance diplomatique. Et les géants pétroliers seront les grands gagnants de cette nouvelle ère.

Après seulement cent-sept jours de guerre en Ukraine, on n’en finit plus de spéculer sur les conséquences du premier conflit de haute intensité en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale: redéfinition de la géopolitique mondiale, expansion de l’OTAN à l’Est, banalisation de la menace nucléaire, ascendant du «modèle autoritaire» sur les démocraties occidentales, crise économique mondiale à l’horizon, famine, etc.

Or, cette guerre est un long game dont l’enjeu caché est l’indépendance énergétique et alimentaire. Et pour cela, la conquête des «cœurs et des esprits» du Moyen et Proche-Orient va bientôt devenir essentielle.

«Pas notre guerre»

Dans les palaces des monarchies pétrolières ou les palais présidentiels, la prudence est de mise depuis le début de la crise. Les capitales du Moyen-Orient ont oscillé entre abstention et condamnation timide de l’invasion russe, sans pour autant imposer de sanctions et en prenant garde à maintenir un dialogue actif avec Moscou.

Dans la rue, l’attitude varie entre indifférence et dénonciation de l’hypocrisie occidentale, qui hisse des drapeaux ukrainiens devant tous les hôtels de ville d’Europe mais se moque du bombardement d’Alep, de la guerre civile au Yémen et qui ouvre grand les portes des appartements aux réfugiés ukrainiens après avoir paniqué face à l’afflux de migrants syriens quelques années plus tôt.

Le spectacle des exactions russes n’étonne guère et Poutine reste davantage populaire dans la rue arabe que les dirigeants américains. Pour la première fois de son histoire, le Moyen-Orient est uni dans son désintérêt face aux préoccupations occidentales.

Les monarchies pétrolières ont
tout à gagner de la guerre

Avec de faibles populations à nourrir et de gros besoins d’investissement afin de préparer «l’après-pétrole», l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis (EAU) et le Qatar se réjouissent de l’augmentation des prix du pétrole et du gaz naturel. Avec un baril de nouveau au-dessus de la barre des 100 dollars, l’Arabie saoudite refusait jusqu’à présent de se plier aux demandes d’augmentation de la production. Les Émirats arabes unis, qui disposent d’une marge de manœuvre plus limitée, ne s’étaient pas davantage alignés sur les positions américaines.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici