Dans le Tarn, la gendarmerie plaide la maladresse après son intervention auprès d’une femme qui avait interpellé Emmanuel Macron

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La lycéenne, qui avait apostrophé jeudi le président à propos des accusations de violences sexuelles visant deux de ses ministres, a reçu la visite des gendarmes le lendemain au lycée

La gendarmerie du Tarn a dû se justifier, vendredi 10 juin, après avoir suscité la polémique en rendant visite à une lycéenne qui avait interpellé le président Emmanuel Macron lors d’un déplacement dans la région, la veille.

« Vous mettez à la tête de l’Etat des hommes qui sont accusés de viol et de violences pour les femmes, pourquoi ? », avait lancé Laura, âgée de 18 ans, au chef de l’Etat, en référence aux accusations de violences sexuelles contre les ministres Gérald Darmanin et Damien Abad. La libération de la parole, « je l’ai accompagnée et je continuerai de l’accompagner, de la protéger. En même temps, pour fonctionner en société vous devez avoir de la présomption d’innocence », lui a alors répondu le président.

Le lendemain, peu avant midi, la jeune femme a reçu la visite de gendarmes à son lycée. Au Parisien, elle a expliqué qu’ils ont d’abord fait référence à l’agression sexuelle remontant à plusieurs années qu’elle avait elle-même mentionnée lors de son échange avec Emmanuel Macron. « Ils m’ont demandé si je voulais porter plainte, mais ça a été très bref », explique-t-elle. « On est rapidement venu à l’échange avec Emmanuel Macron. Ils m’ont demandé ce que j’avais voulu faire, alors je leur ai dit que je voulais poser telle question, etc. Puis la gendarme m’a dit : “C’était pas à faire”. Son collègue a ajouté que si j’avais voulu interpeller le président de la République, alors j’aurais dû passer par des voies hiérarchiques, en écrivant à l’Elysée », a-t-elle raconté au quotidien. « Je me suis évidemment demandé si j’avais fait quelque chose de mal. C’est intimidant de voir les gendarmes débarquer au lycée. »

En fin de soirée vendredi, la gendarmerie du Tarn s’est résolue à publier un communiqué sur sa page Facebook, assurant que l’action des officiers « visait simplement à prendre en compte cette personne, qui s’était présentée comme victime, pour lui proposer de recueillir une éventuelle plainte, ou à défaut pour lui proposer une aide, un accompagnement ou un relais pour rencontrer les associations locales pour lui porter assistance ». « Nous tenons à nous excuser auprès d’elle si notre démarche d’aller à sa rencontre au lycée pour échanger a été mal perçue et qu’elle considère que nous avons été maladroits. Nous restons évidemment à son écoute et à sa disposition ».

A deux jours des élections législatives, l’affaire n’a pas manqué de susciter des réactions dans le monde politique. « Ça promet pour son grand bla-bla. Tu dis oui ou les gendarmes arrivent », a ainsi ironisé Jean-Luc Mélenchon sur Twitter, quand le président du groupe écologiste au Sénat, Guillaume Gontard, s’est offusqué que « parler au président devien[ne] un délit ».

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