Guerre en Ukraine : Y a-t-il des cas confirmés de choléra à Marioupol ? Prudence

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Le ministère de la Défense britannique a affirmé, vendredi 10 juin, qu’il y avait un risque d’épidémie majeure de choléra à Marioupol, occupée par les Russes depuis la mi-mai

  • Pour les services de renseignements britanniques, une épidémie de choléra est à craindre à Marioupol. Dans un communiqué, le ministère de la Défense indique que des cas isolés ont été rapportés.
  • Contactée, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) nous indique qu’elle n’a pas reçu de notification de cas suspects ou confirmés dans le pays, mais elle estime qu’il y a un « risque élevé » d’épidémie de choléra en raison de la dégradation des conditions sanitaires.
  • A contrario, pour Renaud Piarroux, chef de service à la Pitié-Salpêtrière (APHP) et spécialiste des épidémies, l’importation du choléra en Ukraine paraît « hautement improbable ». « Pour que la maladie se propage, il faut qu’elle arrive, explique-t-il. Dans une ville détruite où les gens ne peuvent ni entrer ni sortir, je ne vois pas bien quels flux d’immigrants apporteraient le choléra. »

Occupée par l’armée russe, la ville de Marioupol dans le sud-est de l’Ukraine est coupée du monde depuis la mi-mai. Dans un communiqué publié vendredi 10 juin, le ministère de la Défense britannique affirme qu’il y a un risque d’ épidémie majeure de choléra. Les services médicaux sont « très probablement au bord de l’effondrement », selon le renseignement anglais. Des cas isolés « ont été rapportés depuis mai », affirme encore le communiqué, qui rappelle que des résurgences de l’épidémie ont eu lieu dans le pays comme en 1995.

Pourtant, cette affirmation est à prendre avec prudence. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) nous indique qu’elle n’a pas reçu de notification de cas suspects ou confirmés dans le pays. L’ONG Médecins sans frontières (MSF), présente à Kiev, Odessa, Mykolaïv et dans des villes de l’Est, le soutient également : aucun cas n’a été confirmé.

L’OMS reste néanmoins en alerte : elle estime qu’il y a un « risque élevé » d’épidémie de choléra, en raison d’un manque d’accès à l’eau potable, d’équipements sanitaires inadéquats, d’une mauvaise hygiène et de regroupements de populations, souligne l’institution dans un rapport du 29 avril.

« L’importation du choléra en Ukraine me paraît hautement improbable »

Le choléra se transmet en absorbant par la bouche de l’eau ou des aliments contaminés par le vibrion cholérique, une bactérie. Dans l’intestin, les vibrions sécrètent la toxine cholérique, « principale responsable de l’importante déshydratation qui caractérise l’infection », détaille l’Institut Pasteur. Les symptômes se manifestent par de violentes diarrhées et vomissements, sans fièvre. Elle peut être mortelle si elle n’est pas traitée rapidement.

Des résurgences de l’épidémie ont bien eu lieu en 2011 à Marioupol avec 33 cas, cite l’OMS, ou aussi en 1995 avec quelques centaines de cas. « Mais à ce moment-là, beaucoup de gens allaient et venaient vers le sud du pays, pointe Renaud Piarroux, chef de service à la Pitié-Salpêtrière (APHP) et spécialiste des épidémies. Aujourd’hui, l’importation du choléra en Ukraine me paraît hautement improbable. Pour que la maladie se propage, il faut qu’elle arrive. Dans une ville détruite où les gens ne peuvent ni entrer ni sortir, je ne vois pas bien quels flux d’immigrants apporteraient le choléra. »

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