La BCE intervient d’urgence pour calmer les tensions en zone euro

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Face à l’envolée des taux obligataires et le risque d’une nouvelle crise de la zone euro, l’institut de Francfort a annoncé un nouvel outil d’intervention. Mais sans donner de détails.

 

Une décennie après la crise de la zone euro, est-ce le retour de l’urgence pour la monnaie unique ? A l’issue de cinq jours de fortes tensions sur les marchés financiers, avec des taux d’intérêt qui se sont envolés, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé d’intervenir, mercredi 15 juin. De façon très inhabituelle, elle a réuni d’urgence son conseil des gouverneurs. Un tel rendez-vous au pied levé n’était pas arrivé depuis la panique financière du début de la pandémie de Covid-19, en mars 2020. Sans donner de détails, la BCE a annoncé la mise à l’étude immédiate d’un nouvel « instrument anti-fragmentation ».

La « fragmentation » en question, dans le jargon de la politique monétaire, est l’écart grandissant entre les taux d’emprunt de l’Allemagne, pays jugé le plus sûr financièrement, et ceux des pays périphériques, au premier rang desquels se trouve l’Italie. Le risque est de voir l’union monétaire se morceler.

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La tension, qui a commencé à bas bruit en décembre 2021, s’est brusquement renforcée ces dernières semaines. Le taux obligataire italien à dix ans, qui était de 3 % début juin, est passé à 4,3 %, mardi 14 juin. Son écart avec le taux allemand a, quant à lui, bondi de 0,9 point en décembre 2021 à 2,5 points mardi. En France, le taux d’emprunt a crû de 0 % il y a six mois à 2,4 % mardi.

Cette envolée a été exacerbée quand la BCE a annoncé, jeudi 9 juin, qu’elle allait augmenter son taux de dépôt, actuellement de – 0,5 %, à deux reprises, en juillet et septembre, avant de probablement poursuivre cette remontée d’ici à la fin de 2022. Dans le même temps, Christine Lagarde, sa présidente, a déçu les attentes des marchés : elle a fait savoir que le conseil des gouverneurs avait à peine débattu de la question de la fragmentation.

Attaques des marchés

Cette victoire des « faucons »surnom donné aux tenants d’une politique monétaire plus stricte, a ouvert la porte à la spéculation contre la zone euro. « On n’est pas du tout dans la situation de 2012 [pendant la crise de la zone euro]. On sait que la BCE finira par agir, mais je suis surpris qu’elle laisse faire les choses aussi longtemps », estimait mardi Andrew Kenningham, de Capital Economics.

L’objectif de la réunion de mercredi était donc de couper court à ces attaques des marchés. Dans son communiqué, la BCE commence par redire son engagement à défendre la zone euro : « Depuis le début du processus de normalisation graduelle de la politique [monétaire], en décembre 2021, le conseil des gouverneurs s’est engagé à agir contre la résurgence des risques de fragmentation. 

 

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