Législatives 2022 en direct : Dans la Nièvre, EELV appelle à voter Ensemble ! contre le Rassemblement national aux dépens de la Nupes

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En Seine-Saint-Denis, la médiatique « insoumise » Raquel Garrido, investie par la Nupes, défie le député sortant UDI Jean-Christophe Lagarde

En Seine-Saint-Denis, la chroniqueuse de Cyril Hanouna et avocate Raquel Garrido défie dans son fief le président de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), Jean-Christophe Lagarde, qui brigue un cinquième mandat à l’Assemblée nationale. Au marché de Drancy, on réclame « des selfies » à Raquel Garrido qui distribue des tracts entre les étals étroits de fruits et légumes.

L’« insoumise », investie sous la bannière de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), a déjoué les pronostics en arrivant en tête du premier tour des élections législatives dans la cinquième circonscription de la Seine-Saint-Denis (Bobigny, Drancy, Le Bourget). Avec 37,9 % des suffrages, l’avocate de 48 ans devance le pilier centriste du département, Jean-Christophe Lagarde (33,41 %).

« Cette victoire du premier tour était inattendue dans le camp Lagarde qui pensait être vissé sur un trône de façon inamovible, mais nous ne sommes pas en monarchie », a taclé la conseillère municipale de Bagnolet. Aux manettes depuis 20 ans, Jean-Christophe Lagarde, 54 ans, a ravi en 2002, cette circonscription de la Seine-Saint-Denis ancrée à gauche.

Le président de l’UDI s’était auparavant emparé de la ville de Drancy en 2001 (70 000 habitants), faisant basculer au centre droit cet historique bastion communiste, aujourd’hui dirigé par sa femme Aude Lagarde. Pour M. Lagarde, le résultat de sa rivale était « attendu » au vu « des bons scores de Mélenchon » en Seine-Saint-Denis, lors du premier tour de la présidentielle. Les électeurs y ont largement plébiscité Jean-Luc Mélenchon (49,09 %) devant le président sortant Emmanuel Macron (20,27 %) et la candidate d’extrême droite Marine Le Pen (11,88 %).

Il s’agit d’« un vote d’étiquette d’une parachutée d’extrême gauche qui n’a plus aucune de réserve de voix », estime M. Lagarde qui, selon ses « calculs », devrait récupérer une partie des 8 % des électeurs de la majorité présidentielle, dont la candidate est arrivée derrière le RN (9,64 %) au premier tour des législatives. Raquel Garrido « assume l’identification à Mélenchon » et ira « défendre avec opiniâtreté son programme de réparation des injustices sociales à l’Assemblée ».

La campagne se joue à Drancy qui compte le plus gros contingent d’inscrits sur les listes électorales (35 000), contre 23 000 pour Bobigny et 6 000 au Bourget où Raquel Garrido est arrivée en tête. Dans les rues de Drancy, l’effet « vu à la TV » tourne à son avantage. Les jeunes, les automobilistes, les familles s’arrêtent pour la saluer et revenir sur ses prises de position sur le petit écran. « On a beaucoup de mépris pour les émissions populaires alors que les gens regardent et s’identifient. J’y passe ma vie à défendre la Seine-Saint-Denis », assure la chroniqueuse de l’émission « Balance ton post », présentée par Cyril Hanouna.

Mais pour l’ancienne porte-parole de Mélenchon, sa cote de popularité audiovisuelle doit désormais se transformer en bulletin de vote pour espérer rejoindre dans l’hémicycle son compagnon Alexis Corbière, élu dès le premier tour dans la 7e circonscription de Seine-Saint-Denis (Bagnolet et Montreuil).

Avec 1 041 voix d’avance, le match sera serré. Son objectif, tout comme l’opposition, est de capter les abstentionnistes qui culminent à 63,5 % au premier tour, plus de 10 points au-dessus de la moyenne nationale (52,49 %). « La démocratie ne fonctionne que si tout le monde est là. Les ultrariches prospèrent sur l’abstention des quartiers populaires, sur l’abstention de la jeunesse », regrette Mme Garrido, « politisée depuis toujours ». Avec ses parents appartenant à la mouvance de l’ultragauche, elle a fui le Chili après le coup d’Etat de 1973.

« Je veux mobiliser les femmes travailleuses de Seine-Saint-Denis qui prennent tous les matins leur métro pour faire le ménage dans les quartiers chics, pour s’occuper des enfants des autres, des personnes âgées. Je veux leur permettre d’avoir une retraite à 60 ans », répète l’élue à chaque passant qui s’arrête récupérer un programme.

Sur le marché, les militants des deux camps se toisent et se balancent quelques piques : « les anti-police »« parachutée » d’un côté et « le voleur »« le Balkany de Drancy » pour l’autre.

En Seine-Saint-Denis, les candidats de la Nupes, arrivés premiers sur les douze circonscriptions, visent le grand chelem. Seuls deux députés sortant de la droite ont réussi à se qualifier pour le second tour. Avec Jean-Christophe Lagarde, Alain Ramadier (LR) va tenter aussi de sauver son siège face au raz-de-marée de la gauche.

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