Royaume-Uni : en défendant les expulsions vers le Rwanda, « Boris Johnson s’adresse directement à l’électorat qui vote conservateur depuis le Brexit

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L’accord d’expulsion des migrants du Royaume-Uni vers le Rwanda s’inscrit dans la stratégie de « découragement » migratoire que le parti conservateur a adoptée depuis plus de dix ans, rappelle Thibaud Harrois, maître de conférences en civilisation britannique contemporaine.

Le projet du Royaume-Uni d’expulser des demandeurs d’asile vers le Rwanda a été bloqué par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), mais le gouvernement de Boris Johnson continue, mercredi 15 juin, d’afficher sa détermination.

L’exécutif britannique présente cet accord avec le pays d’Afrique de l’Ouest comme un moyen de décourager les traversées illégales de la Manche, qui ne cessent d’augmenter malgré les promesses répétées de Boris Johnson, depuis le Brexit, de contrôler l’immigration. En dépit des critiques de l’ONU et de l’Eglise anglicane, la ministre de l’intérieur britannique, Priti Pradel, a affirmé mercredi que Londres ne serait pas « découragé par d’inévitables recours de dernière minute », affirmant que « les préparations pour les prochains vols avaient déjà commencé ».

Pour Thibaud Harrois, maître de conférences en civilisation britannique contemporaine à l’université Sorbonne-Nouvelle, la mise en œuvre de cet accord est l’aboutissement de plusieurs années de durcissement de la politique des conservateurs sur l’immigration. Selon lui, « à chaque difficulté sur le plan intérieur pour le parti conservateur, le gouvernement joue sur les discours antieuropéens et anti-immigration » qu’affectionnent les partisans du Brexit.

La fermeté affichée et revendiquée du gouvernement de Boris Johnson en matière de politique migratoire prend-elle racine dans la campagne du Brexit et ses promesses ?

Les partisans de la sortie de l’Union européenne ont en effet fait campagne sur l’idée de « reprendre le contrôle », et notamment des frontières. Depuis le Brexit, le gouvernement britannique a durci sa politique migratoire en introduisant, par exemple, un système de visa à points et en revendiquant clairement sa volonté de freiner l’immigration.

L’immigration est très présente dans le débat public britannique. On voit souvent éclater des scandales qui font la « une » des journaux au sujet des small boats, ces bateaux sur lesquels des migrants traversent la Manche pour rejoindre le Royaume-Uni. Ce sujet est fondamental pour une partie des conservateurs et le gouvernement de Boris Johnson n’a pas hésité à le monter en épingle.

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