La Russie menace la Lituanie après des restrictions sur le transit vers l’enclave de Kaliningrad

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Le gouvernement lituanien a précisé que les restrictions dénoncées par Moscou étaient une conséquence des sanctions prises par l’Union européenne en lien avec l’intervention militaire russe en Ukraine.

Cette affaire renforce encore les vives tensions entre la Russie et les pays occidentaux. La Russie a menacé, lundi 20 juin, de répliquer à l’introduction de restrictions « hostiles » sur le transit de certaines marchandises via la Lituanie vers son enclave de Kaliningrad, conséquence des sanctions européennes liées à l’offensive de Moscou en Ukraine.

La région russe de Kaliningrad est une enclave au bord de la mer Baltique, séparée du reste de la Russie et frontalière à l’ouest de la Pologne et à l’est de la Lituanie. Moscou a signifié que Vilnius avait introduit durant le week-end des restrictions sur le transit par voie ferrée de marchandises frappées par les sanctions européennes en direction de Kaliningrad, une enclave stratégique et militarisée qui est séparée du reste du territoire russe.

« Nous avons réclamé [à la Lituanie] la levée immédiate de ces restrictions », a déclaré le ministère des affaires étrangères russe dans un communiqué, qualifiant ces mesures d’« hostiles ». Si le transit « n’est pas rétabli en totalité, alors la Russie se réserve le droit d’agir pour défendre ses intérêts nationaux », a-t-il mis en garde, ajoutant que le chargé d’affaires lituanien à Moscou avait été convoqué au ministère.

« La situation est plus que sérieuse », a relevé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, estimant qu’une « analyse approfondie était nécessaire pour élaborer les répliques ». Moscou, pour qui ces sanctions sur le transit violent un accord Russie-UE de 2002, n’a pas précisé quelles mesures de représailles étaient sur la table.

Relations délicates

Si les Etats baltes ont exprimé leur soutien ferme à Kiev depuis le début du conflit, les relations entre eux et la Russie sont délicates depuis des années. Première république soviétique à déclarer son indépendance en 1990, la Lituanie, comme la Lettonie et l’Estonie, est aujourd’hui membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) et de l’Union européenne (UE). Ces Etats se voient comme « en première ligne » face à la Russie.

Pour aller plus loin : Article réservé à nos abonnés Kaliningrad, une épine dans le pied de l’OTAN

Le gouvernement lituanien a précisé que les restrictions dénoncées par Moscou étaient une conséquence des sanctions prises par l’UE en lien avec l’intervention militaire russe en Ukraine. Lors d’un déplacement au Luxembourg, le chef de la diplomatie lituanienne, Gabrielius Landsbergis, a déclaré :

Ce n’est pas la Lituanie qui fait quoi que ce soit, ce sont les sanctions européennes qui ont commencé à fonctionner à partir du 17 juin.

Dans ce cadre-là, « les biens sous sanction (…) ne seront plus autorisés à transiter par la Lituanie », a précisé le ministre, soulignant que cette mesure était appliquée conformément aux « directives de la Commission européenne ».

Lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion des ministres des affaires étrangères de l’UE à Luxembourg, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a également affirmé :

Le transit par voie terrestre entre la Russie et Kaliningrad n’a pas été stoppé ni interdit. Le transit des passagers et des marchandises se poursuit. Il n’y a pas de blocus.

Situation « désagréable, mais surmontable »

Face à la colère russe, Kiev a apporté son soutien à la Lituanie. « La Russie n’a pas le droit de menacer la Lituanie », a ainsi déclaré le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba. « Nous saluons la position de principe de la Lituanie et soutenons fermement nos amis lituaniens », a-t-il ajouté sur Twitter.

Qualifiant la situation de « désagréable, mais surmontable », le gouverneur de Kaliningrad, Anton Alikhanov, a annoncé lundi que les marchandises ne pouvant plus être acheminées par voie ferrée commenceraient à l’être par la mer « d’ici à une semaine ».

Il a accusé les Lituaniens d’avoir mis en place un « blocus » et estimé qu’entre 40 % et 50 % des importations de l’enclave pourraient être concernées par les restrictions, du charbon aux métaux, en passant par les matériaux de construction et les biens technologiques.

Le chef de la diplomatie lituanienne, M. Landsbergis, a évoqué, lui, le fer et les produits à base de minerai de fer.

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