Accrochage meurtrier à la frontière entre la RDC et l’Ouganda

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Nouvelle image_3_0Incident sur le lac Albert qui marque la frontière entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda. Selon plusieurs sources, quatre hommes armés en habits de policiers ont été tués samedi dernier lors d’un accrochage avec des militaires de la force navale congolaise. Une enquête a été ouverte.

Selon la société civile de l’Ituri, ce sont des pêcheurs congolais qui ont donné l’alerte. Ils se sont plaints que leur bateau venait d’être attaqué par des Ougandais vêtus en habits de policiers et venus les dépouiller du fruit de leur pêche de la nuit.

Selon le porte-parole du gouvernement congolais, l’armée navale est donc intervenue. Des échanges de tirs ont eu lieu. Bilan : un blessé dans les rangs congolais et quatre morts côté ougandais. Un incident « déplorable entre deux pays amis », estime Lambert Mende.

Pour y voir plus clair, selon le gouvernement congolais, une commission d’enquête mixte a été mise sur pied. Des enquêteurs des deux pays sont donc en route pour Bunia, la capitale de l’Ituri. C’est là que se trouvent les corps des quatre victimes. Ils devraient y rester jusqu’à ce qu’on ait pu les identifier.

La version de l’Ouganda

La police ougandaise, interrogée par l’AFP, livre une tout autre version des faits. Selon un commandant local, les victimes sont bel et bien des policiers et auraient été « pris pour cible et tués par l’armée congolaise » alors qu’ils étaient intervenus sur un cas de « pêche illégale ». Ce responsable laisse entendre que l’incident aurait eu lieu sur les eaux territoriales ougandaises, contrairement à ce qu’on assure à Kinshasa.

Pour les autorités ougandaises il ne fait aucun doute que les quatre soldats ont été tués par les Forces armées démocratiques du Congo, l’armée congolaise. « Etant donné que c’est une répétition d’actes odieux de la part d’officiers en uniformes, le gouvernement ougandais a demandé à ce qu’un rendez-vous avec les chefs de sécurité des deux Etats soit rapidement convenu pour parler de la mise en œuvre complète de l’article 3 de l’accord de Ngurdoto, a indiqué Henry Oryem Okello, le ministre ougandais des Affaires étrangères. La répétition de ces incidents pourrait contraindre les autorités ougandaises à prendre des mesures d’autodéfense afin de protéger ses citoyens. »

Des tensions qui sont souvent imputées à la découverte de pétrole dans le lac Albert. Mais pour James Muhindo de Global Rights Alert, une ONG spécialisée dans le pétrole et la défense des communautés locales, d’autres éléments sont à prendre en compte. « Du fait de la porosité de la frontière, il y a souvent des cas de conflits parmi les pêcheurs ainsi qu’entre les habitats des deux pays. Mais lorsque l’Ouganda a découvert ce pétrole, en raison de la géopolitique de la région du Rwenzori où nous avions déjà des conflits et des guerres, cette région a donc continué à être sensible, à la fois politiquement, économiquement et environnementalement », analyse-t-il.

Il espère néanmoins que cet événement ne sera pas l’occasion d’une nouvelle poussée de tensions entre les deux Etats.

 

Source: http://www.rfi.fr/

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