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Une artiste française se convertit à l’Islam après plusieurs années de vie au Maroc (photos)

L’artiste-peintre franco-italienne Valérie Schioccola s’est convertie à l’Islam à Marrakech, au Maroc, où elle s’est installée il y a plusieurs années, annonce le site Kech24. L’artiste a réussi à s’y faire une place dans les milieux artistiques et intellectuels de la ville.

Le site d’information de la ville de Marrakech, Kech24, rapporte que l’artiste-peintre franco-italienne Valérie Schioccola s’est convertie à l’Islam à la mosquée Koutoubia.

Suite à sa conversion, l’artiste a changé de prénom pour devenir Sarah Schioccola, poursuit la source.

 
 
Yalalla
 
@yalalla_com
 
فنانة إيطالية تعتنق الإسلام بمسجد الكتبية بمراكش dlvr.it/R5wP2l

Le média indique par ailleurs que Mme Schioccola a fait ce choix après plusieurs années passées en tant que résidente à Marrakech, où elle s’est faite une réputation dans les cercles artistiques et intellectuels de la ville.

Maroc : une artiste française se convertit à l’Islam 

Tanger, Maroc
© SPUTNIK . ALEXEY VITVITSKY
La diffusion d’informations privées et la diffamation seront passibles de prison au Maroc

«Les tableaux de Valérie sont de grands voyageurs, ils parcourent des kilomètres pour le plus grand plaisir des collectionneurs», a indiqué le site marocain Myartgalerie.ma, dans une biographie consacrée à l’artiste. «Ce phénomène a pu s’accélérer au Maroc où elle expose ses toiles à Marrakech mais aussi grâce à Max Denis Deperrois qui fait découvrir les tableaux de Valérie à Rome, Berlin, Madrid, New-York et en France», a-t-il ajouté.

Kech24 précise que chaque année la mosquée de Koutoubia a l’habitude pendant le mois de ramadan de recevoir de nombreux ressortissants étrangers qui se convertissent à l’Islam.

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A l'instant Dernières minutes

«Je m’en fous des Européens», lance Trump

«Les Européens (…) gagnent beaucoup d’argent… En France ils vendent des voitures à l’Iran». Tout en se disant intéressé par les échanges directs avec Téhéran, Donald Trump a dénoncé la position européenne, selon laquelle l’Iran respecte l’accord sur le nucléaire de 2015, arguant que les actions de l’UE étaient motivées par des intérêts commerciaux.

Dans une interview accordée le 23 juin à la chaîne NBC, Donald Trump a évoqué le Plan d’action global commun (JCPOA), affirmant qu’il accepterait tout type d’accord avec l’Iran, tant qu’il empêcherait Téhéran de posséder des armes nucléaires. Pour lui, il n’y a aucun problème à ce que l’accord soit bilatéral ou multilatéral.

«Je me fiche du genre de l’accord. Cela peut être séparé ou total», a-t-il déclaré.

Dans le même temps, M.Trump a dénoncé les efforts des dirigeants européens visant à faire respecter l’accord sur le nucléaire iranien conclu entre les puissances mondiales en 2015.

«Je m’en fous des Européens», a-t-il déclaré. «Les Européens (…) gagnent beaucoup d’argent… En France ils vendent des voitures à l’Iran. Ils font autre chose.»

Le Président états-unien a tenu à rappeler que son pays contribuait grandement au budget de l’Alliance. «Et laissez-moi vous dire que nous sommes très bons en Europe. Au sein de l’Otan, nous dépensons beaucoup (…) En matière de commerce, l’Union européenne a en réalité véritablement profité de nous depuis longtemps.»

Concernant ses raisons d’abandonner le traité, le Président a noté que, selon l’accord, l’Iran avait limité son enrichissement en uranium à 3,67% pendant 15 ans. Une fois l’accord expiré, Téhéran aurait eu un «laissez-passer gratuit» pour l’acquisition d’armes nucléaires, a déclaré M.Trump.

Dans la même interview, il a évoqué la récente aggravation des tensions avec Téhéran en raison d’une attaque présumée contre des pétroliers dans le golfe d’Oman et de la destruction d’un drone américain par l’Iran.

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A l'instant Afrique Dernières minutes

Le bilan des pèlerins algériens mourant lors de leur pèlerinage à la Mecque s’alourdit

Un autre pèlerin algérien est décédé en Arabie saoudite, portant ainsi à 13 le nombre total d’Algériens morts lors de l’accomplissement du pèlerinage. Ce nombre est en recul par rapport à l’année 2018.

L’ambassadeur d’Algérie à Riyad, Abdelkader Hedjazi, a annoncé la mort d’un nouveau hadji (pèlerin) algérien en Arabie saoudite pendant l’accomplissement des rituels du pèlerinage. Ce décès porte le nombre d’Algériens morts dans les lieux saints de l’islam à 13, indique l’Algérie Presse Service (APS).

Un hôpital
© SPUTNIK . MAXIM BOGODVID
Chirurgie cardiaque infantile: pourquoi l’Algérie préfère-t-elle se tourner vers d’autres pays que la France?
 
Il s’agit de «Bennaïma Aïcha, née le 1 janvier 1937, dans la commune de Sidi Tifour, dans la wilaya d’El Bayadh, dans l’est du pays», a déclaré le diplomate, précisant que «la défunte souffrait de problèmes de santé».

Auparavant, le chef de la mission médicale algérienne, le docteur Mahmoud Dahmane, avait noté un recul du nombre de décès pour cette année, déplorant toutefois le non-respect des instructions médicales par certains hadjis, notamment touchés par des maladies cardiaques et liées à l’hypertension, dont les complications médicales peuvent parfois s’avérer très graves, voire mortelles.

L’année dernière, 18 pèlerins algériens ont rendu l’âme durant le pèlerinage.

Le pèlerinage à la Mecque 2019 a pris fin le mercredi 14 août.

 
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Les hommes les plus riches de la planète ont perdu 117 milliards de dollars en une journée

Après la baisse, le 5 août, des principaux indices boursiers, expliquée par l’accroissement des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, les personnes les plus riches au monde -parmi lesquelles Bernard Arnault, Marc Zuckerberg et le PDG d’Amazon- ont perdu au total 117 milliards de dollars (105 milliards d’euros), affirme Bloomberg.

Lors de la plus grande chute boursière de l’année, le 5 août, 500 des plus riches hommes d’affaires de la planète ont perdu en tout et pour tout 117 milliards de dollars (104,5 milliards d’euros), indique Bloomberg.

Par exemple, Bernard Arnault, PDG de LVMH, première fortune de France, a perdu 4 milliards de dollars, alors que la richesse de Jeffrey Bezos, PDG d’Amazon, a diminué de 3,5 milliards de dollars (3,1 milliards d’euros). Le capital du fondateur de Facebook, Marc Zuckerberg, a lui chuté de 2,7 milliards de dollars (2,4 milliards d’euros), a annoncé Forbes.

Des tensions entre les USA et la Chine

Les bourses, notamment européennes, ont commencé à baisser dès l’annonce par le Président américain de nouvelles taxes douanières à l’encontre de la Chine. Donald Trump a déclaré avoir l’intention de taxer à 10%, à partir de septembre, les 300 milliards de dollars (270 milliards d’euros) d’importations chinoises jusqu’ici épargnées.

La riposte chinoise a consisté en la plus importante baisse du taux du yuan par rapport au dollar américain depuis décembre 2018 et en la suspension des importations agricoles américaines. Les marchés financiers ont également réagi à la réponse chinoise.

Depuis plus d’un an, Chine et États-Unis sont engagés dans un bras de fer commercial qui s’est traduit par l’instauration réciproque de droits de douane punitifs sur des centaines de milliards de dollars d’échanges annuels.

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Défense Dernières minutes

Le Pentagone s’organise pour acheminer rapidement des troupes en cas de guerre en Europe

Les autorités états-uniennes cherchent à passer des contrats logistiques pour faciliter l’approvisionnement des troupes militaires dans le cas d’une guerre en Europe. Dans les demandes pour les fournisseurs sont indiqués d’éventuels itinéraires militaires concernant à peu près tous les pays européens.

Le Ministère de la défense des États-Unis est en quête de prestataires pour le transport et le déploiement de forces militaires sur le territoire des pays européens, est-il indiqué sur le site officiel de l’administration des commandes publiques états-uniennes. L’annonce, publiée le 12 juillet, est constamment mise à jour.

Le ministère des Armées compte signer des contrats concernant les mouvements de personnes et de matériel militaire lourd pour le regroupement rapide des armées de terre des États-Unis en Europe (United States Army Europe ou USAREUR).

L’objectif des contrats est d’assurer la relocalisation et le déploiement rapide des troupes aussi bien que des moyens logistiques pour des manœuvres militaires essentielles. La demande officielle comprend des itinéraires approximatifs avec des points d’intersection aux frontières, des modalités de passage des postes de douane, des axes principaux et des distances. Presque tout le territoire européen est concerné, du Royaume-Uni jusqu’aux pays Baltes.

Le chargement et le déchargement de l’équipement militaire et des véhicules blindés seraient effectués par toute une gamme d’appareils de levage capables de soulever jusqu’à 300 tonnes. Le transport à travers l’Europe serait effectué à l’aide de véhicules tracteurs équipés de remorques déplaçant de 2,4 à 80 tonnes.

Un drone américain Predator en Afghanistan
© AFP 2019 BONNY SCHOONAKKER
Diversions, sabotages, assassinats: les opérations secrètes des USA à l’étranger
Des exigences rigoureuses sont imposées aux fournisseurs et aux conducteurs. Des autobus équipés de climatiseurs et de toilettes devraient être prêts à effectuer de longs parcours sans arrêts. Il est de plus indiqué que les conducteurs d’un certain nombre de pays ne pourront pas travailler sous contrat.

L’accès limité des bases militaires des États-Unis et de l’OTAN aux tierces personnes fait l’objet d’un point particulier de la demande. Par exemple, le transport militaire sur le territoire du Royaume-Uni, de la Roumanie et de la Pologne n’est réservé qu’aux citoyens des pays membres de l’OTAN alors qu’en Espagne ce n’est le cas que pour les Espagnols. Des restrictions similaires sont appliquées en Italie, en Allemagne, au Luxembourg et en Belgique.

«Schengen militaire»

Militaires US
© AP PHOTO / ZOE GARBARINO
Comment Washington pourrait économiser 1.200 milliards de dollars sur la défense
Ce n’est pas la première fois que les autorités états-uniennes prêtent une attention particulière à la logistique au sein de l’UE. Selon Ben Hodges, l’un des chefs militaires américains en Europe, les voies ferroviaires reliant l’Allemagne à la Pologne seront insuffisantes en cas de guerre tandis que la majorité des ponts ne supporteront pas le poids des chars.

Il se prononce donc pour la création de la zone «Schengen militaire» qui permettrait l’acheminement rapide des troupes en Lituanie en passant par des pays de transit. À son avis, le ravitaillement pour d’éventuelles actions militaires à l’est de l’Europe sera assuré via la Pologne.

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Ce qui n'a pas été dit Dernières minutes

Le FSB démantèle une cellule terroriste qui visait une unité militaire non loin de Moscou

Une cellule terroriste qui s’apprêtait à attaquer une unité militaire pour se procurer des armes et des munitions a été démantelée en Russie, a fait savoir le Service fédéral de sécurité (FSB), précisant que les suspects risquaient la prison à vie.

Le Service fédéral de sécurité de Russie (FSB) a arrêté dans la région de Vladimir, à une centaine de kilomètres au nord-est de Moscou, les membres d’une cellule terroriste qui préparaient une attaque contre une unité militaire, a déclaré le département local du Service.

«Avec l’aide de complices», les suspects comptaient mettre la main sur des armes et des munitions, a-t-il souligné.

Le FSB ne précise pas leur nombre, mais indique qu’ils étaient dirigés par un habitant local âgé de 20 ans.

Passible de la prison à vie

Un agent du FSB russe (image d'illustration)
© SPUTNIK . FSB
Le FSB a démantelé une cellule dormante de Daech en Russie
Une affaire pénale a été intentée pour complicité dans des activités terroristes et les suspects risquent la prison à vie, a ajouté le Service, précisant que l’opération avait été déployée avec l’aide du département du FSB de la région voisine de Riazan.

Fin avril, le FSB avait annoncé avoir démantelé une cellule dormante de Daech* qui avait été mise en place pour lancer des attaques contre la police dans le Caucase russe.

*Organisation terroriste interdite en Russie

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Dernières minutes Société

Cet aspect vestimentaire de la reine Élisabeth II a laissé les réseaux sociaux perplexes

La photo d’Élisabeth II accueillant Boris Johnson à Buckingham Palace est devenue virale. Le détail qui a le plus attiré l’attention des internautes a été le sac à main de la reine, rapporte le Daily Mail. À quoi pouvait donc servir celui-ci si elle était chez elle?

Élisabeth II a laissé les utilisateurs des réseaux sociaux perplexes après avoir tenu un sac à main lors de sa première rencontre avec Boris Johnson en tant que Premier ministre. Une photo immortalisant le moment est devenue virale, les internautes essayant de trouver à quoi il pouvait servir.

Sa tenue était élégante, à savoir une robe bleue et violette, des chaussures noires ainsi que quelques bijoux: une broche, un bracelet en or et un collier de perles. Cependant, le détail qui a attiré l’attention était le sac à main de marque Launer tenu par la souveraine tout au long de la visite.

Réactions des internautes

«Pourquoi la reine porte-t-elle son sac à la maison? Comme c’était étrange!», a indiqué un utilisateur de Twitter.

«Selon la rumeur, si elle pose le sac, cela indique alors à son personnel qu’elle s’ennuie et qu’il est temps de passer à la personne suivante ou quelque chose d’autre», a expliqué un autre.

«Totalement compréhensible, lorsque vous avez une grande maison, vous devez vous accrocher à quelques éléments: téléphone portable, bonbons, lunettes, etc.», a suggéré un dernier.

La reine Élisabeth
© AP PHOTO / CHRISTOPHER FURLONG
Élisabeth II prise la «troisième» main dans le sac

Des hypothèses plus farfelues ont également surgi.

«Elle est prête à frapper les politiciens si elle en a assez», a plaisanté une personne sur Twitter.

«Elle n’allait que faire un tour dans les magasins», a supposé un autre.

Enfin, certains ont considéré ce geste comme une insulte envers le nouveau Premier ministre.

«Haha regarde la reine jeter de l’ombre en portant un sac à main comme si elle voulait sortir haha», a lancé un internaute.

«J’adore que la reine ait son sac à main. “Faites vite, Boris, on a des engagements plus pressants”», a écrit un autre.

Secrets royaux

Elisabeth II nomme Theresa May première ministre britannique
© AP PHOTO / DOMINIC LIPINSKI
La reine d’Angleterre à la rencontre du monde: les couacs amusants

Cependant, l’historien royal Hugo Vickers a confirmé l’utilisation du sac par la reine comme un objet pour envoyer des signaux secrets à son personnel, par exemple pour indiquer quand elle était prête à passer à une autre conversation.

Selon lui, si elle déplace son sac d’une main à l’autre, elle est prête à mettre fin à la conversation et si elle le place sur la table, cela veut dire qu’elle souhaite quitter la pièce.

En se basant sur ces signes, la rencontre avec Boris Johnson s’est bien passée.

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Dernières minutes Finances-Eco

Comment tirer profit de l’or à l’heure des guerres commerciales

Les investissements dans les métaux précieux – le platine, le palladium, l’or ou l’argent – à l’aide d’un compte bancaire spécial pourraient être un havre de paix dans le contexte de guerres commerciales, estiment des experts.

«L’or est utilisé en période de déclin, de guerres monétaires et commerciales, il n’est pas affecté par le déclin de la production industrielle et convient mieux pour les investissements en période de grande instabilité», estime la conseillère financière indépendante Natalia Smirnova.

L’experte de BKS Premier Svetlana Kordo appelle à investir dans le palladium – en deux ans le prix de ce métal a triplé pour dépasser celui de l’or. Ce dernier, en période d’instabilité économique, pourrait même être plus rentable que les placements bancaires, estiment les experts.

En même temps, les acteurs du marché avertissent que si une banque se voyait retirer sa licence, les investisseurs pourraient perdre leurs placements dans les métaux. De plus, dans certains cas, les dividendes peuvent être imposables.

Le choix du métal

Pour commencer, l’investisseur doit décider quel type de placement lui convient le mieux: un compte métal impersonnel, sans achat physique de métal, quand la somme sur le compte équivaut seulement à sa valeur marchande; ou s’il souhaite acheter un lingot physique. Chaque instrument a ses avantages et inconvénients.

Lingot d'or
© SPUTNIK. PAVEL LISITZIN
Les banques centrales accumulent des réserves d’or sans précédent
Pour ouvrir un compte métal il suffit de se rendre dans une banque disposant d’une licence publique appropriée et offrant de tels services. Il est possible, par exemple, en Russie d’acheter à partir de 0,1 g d’or, de palladium, de platine, ou à partir de 1 g d’argent. Depuis le début de l’année, le prix de l’or, le plus populaire parmi les Russes, a augmenté de 12,3%, celui de l’argent de 6,4%, celui du palladium de 27,6%, et celui du platine de 10,3%.

La somme minimale sur le compte dépend des banques, mais il existe des options accessibles à partir de 1 g de métal – un compte or peut donc être ouvert à partir d’environ 3.000 roubles (environ 42 euros). Le prix du gramme est toujours indiqué sur le site de la banque.

L’organisation créancière doit être minutieusement choisie pour de tels placements, car il s’agit souvent d’investissements à long terme. Il est préférable de s’adresser aux banques avec une notation de crédit élevée, proche du maximum, déclare Stanislav Volkov, directeur de l’agence de notation NKR.

«Étant donné que les comptes métal ne sont pas couverts par l’assurance-dépôts, il faut les ouvrir uniquement dans des banques systémiques importantes, et seulement entre elles choisir celle où le prix de vente d’un gramme de métal impersonnel sera le plus proche du prix du marché», suggère Natalia Smirnova.

En Russie, un autre avantage des comptes métal impersonnels, hormis leur stabilité en période de fièvre économique, est l’absence de la TVA à 20%, rappelle Svetlana Kordo. Cette dernière n’est à verser que si l’investisseur achète le métal sous la forme d’un lingot, et à l’heure actuelle les autorités examinent la possibilité de la supprimer.

Les investisseurs dans les métaux précieux ont de l’avenir, notamment si le législateur décidait d’aller dans le sens de cet instrument.

Source: sputniknews

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Afrique Dernières minutes

Le souhait de Blaise Compaoré de rentrer d’exil est-il lié à la situation en Côte d’Ivoire?

Pour certains observateurs, le souhait de Blaise Compaoré de rentrer de son exil en Côte d’Ivoire serait lié aux tensions dans son pays d’accueil, à l’approche de la présidentielle de 2020. Sputnik a interrogé Achille Tapsoba, un responsable du parti de l’ancien Président burkinabè.

Fin octobre 2014, Blaise Compaoré, aux commandes du Burkina Faso depuis 27 ans, quittait le pouvoir à la suite d’un soulèvement du peuple burkinabè. Depuis, l’ancien Président a trouvé refuge en Côte d’Ivoire, pays dont il a obtenu la nationalité en février 2016.

Ces derniers mois, la question du retour de l’ancien chef d’État burkinabè sur sa terre natale – annoncé comme vivement souhaité par lui – a été beaucoup abordée. Ce fut d’ailleurs le cas en juillet, lors du dialogue politique national qui a réuni l’opposition et la majorité.

Le 21 juillet, le Premier ministre Christophe Dabiré, interrogé sur le plateau de la RTB, la télévision publique burkinabè, a déclaré que les conditions d’un retour éventuel au pays de Blaise Compaoré, s’il en exprimait le désir, seront discutées avec le Président Roch Kaboré.

Dans une lettre adressée à Roch Kaboré en avril 2019, Blaise Compaoré a exprimé à son successeur sa disponibilité à promouvoir la paix et la réconciliation nationale, et lui a surtout proposé son aide dans la lutte contre le terrorisme qui depuis 2015 a occasionné des centaines de morts au Burkina et une urgence humanitaire sans précédent.

Certains observateurs estiment toutefois que la nostalgie et l’intérêt de l’ancien Président Blaise Compaoré d’être utile à sa patrie ne sont pas les seules raisons qui sous-tendent son intention de renter au pays.

Sa volonté de rentrer d’exil, en effet, s’expliquerait aussi par son désir de quitter la Côte d’Ivoire qui avance résolument vers la présidentielle de 2020 qui s’annonce incertaine avec des risques de conflit, mais surtout, en raison des tensions apparues depuis 2018 entre ses deux soutiens, le Président ivoirien Alassane Ouattara et l’ancien président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro.

Interrogé par Sputnik, Achille Tapsoba, premier vice-président chargé des questions politiques du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP, parti fondé par Blaise Compaoré), estime que le souhait de Blaise Compaoré d’exil n’est pas lié à la situation en Côte d’Ivoire.

 

Photo 2 Achille Tapsoba reçu en juillet 2016 à Abidjan par Blaise Compaoré
© PHOTO. СOMPTE FACEBOOK DE BURKINA CDP
Photo 2 Achille Tapsoba reçu en juillet 2016 à Abidjan par Blaise Compaoré

Sputnik France: Le Président Blaise Compaoré souhaite-t-il vraiment rentrer d’exil ?

Achille Tapsoba: De mon point de vue, tout exilé a toujours envie, pour une raison ou une autre, de revenir dans son pays d’origine. Le problème est que, si les raisons pour lesquelles vous avez quitté votre pays demeurent, les conditions ne sont donc pas favorables pour votre retour. En ce qui concerne le président Blaise Compaoré, je sais, personnellement, qu’il a toujours cet attachement à son pays, qui me convainc qu’il a certainement besoin de revenir pour contribuer à sa manière au développement du Burkina Faso. Quant aux conditions pour son retour évoquées parle le Premier ministre Christophe Dabiré, cela va de soi. Il est évident que, quand un ancien chef d’État en exil souhaite ou propose son retour au pays, certaines questions seront discutées avec l’actuel Président. C’est à ce dernier de mesurer l’ampleur de la situation, d’aménager les conditions aussi bien objectives que subjectives pour permettre ce retour. Nous avons notamment vu ce cas en 2017 au Mali avec les Présidents Ibrahim Boubacar Kéita et Amadou Toumani Touré.

Une vue aérienne du Plateau, quartier des affaires d’Abidjan
© PHOTO. OLIVIER KONAN,AEROCLICH INSTAGRAM
Présidentielle de 2020 en Côte d’Ivoire: «il y a encore des risques de conflit»
Sputnik France: Certains observateurs lient la volonté M. Compaoré de rentrer d’exil à la dégradation de la situation politique en Côte d’Ivoire et aux tensions entre Alassane Ouattara et Guillaume Soro, qui engendrent une certaine incertitude sur son sort. Est-ce le cas?

Achille Tapsoba: Je n’ai pas connaissance de ce que les raisons pour lesquelles le Président Blaise Compaoré veuille revenir au Burkina Faso soient liées à la situation en Côte d’Ivoire. Cela dit, la Côte d’Ivoire a recueilli le Président Blaise Compaoré et lui a offert l’asile sociopolitique. Dans l’hypothèse où effectivement la situation en Côte d’Ivoire se dégrade, il va de soi que cela entache sa quiétude. Mais, de là à avancer cela comme raison justifiant son intention de rentrer, ce serait trop s’aventurer. Le Président Blaise Compaoré connait très bien les acteurs ivoiriens de premier rang, il a des relations privilégiées avec les uns et les autres. Je pense qu’en cas de problèmes suffisamment sérieux en Côte d’Ivoire, il a la possibilité, plutôt que de chercher à rentrer, de contribuer à les résoudre, comme il l’a déjà fait par le passé.

Sputnik France: Récemment interrogé par un journaliste, le Président Roch Kaboré a répondu que dans la lettre qu’il lui a adressée en avril, M.Compaoré n’a pas demandé à rentrer au Burkina. Qu’en dites-vous?

Achille Tapsoba: C’est une déclaration qui n’engage que le Président Roch Kaboré. Quelqu’un qui propose sa contribution pour aider son pays à résoudre de graves problèmes de sécurité intérieure et extérieure, il va de soi qu’il est disponible pour revenir dans son pays et travailler concrètement pour le peuple burkinabè. Cela ne fait l’ombre d’aucun doute.

Sputnik France: Roch Kaboré a été tour à tour ministre, Premier ministre puis président de l’Assemblée nationale sous le Président Blaise Compaoré. Comment comprendre l’immense fossé qui, aujourd’hui, sépare les deux hommes?

Achille Tapsoba: Franchement, je me pose la même question. J’ai eu l’occasion et l’honneur de collaborer étroitement avec le Président Kaboré quand il était président de l’assemblée nationale et président du CDP. J’ai aussi eu l’occasion de collaborer avec le Président Blaise Compaoré quand j’ai été appelé à son gouvernement. J’avoue ne pas comprendre du tout ce qui s’est passé entre les deux hommes. Mais je trouve très regrettable le comportement du Président Roch Kaboré dans la mesure où, quels que soient les griefs qu’il a contre son prédécesseur, il devait commencer à mettre de l’eau dans son vin. Entretenir une telle animosité vis-à-vis du Président Blaise Compaoré, c’est vraiment faire preuve d’ingratitude.

Ouagadougou, Burkina Faso
CC BY-SA 2.0 / HUGUES / BOUCHONS A OUAGA
Burkina Faso: le vote de la diaspora, pomme de discorde entre majorité et opposition
Sputnik France: En 2020, il y aura une élection présidentielle au Burkina Faso. Avec l’absence de la carte consulaire parmi les documents de vote, ce sont des milliers de Burkinabè de l’extérieur, notamment en Côte d’Ivoire où ils sont près de 4 millions, qui pourraient se voir privés d’exercer leur droit de vote. Pensez-vous que Roch Kaboré redoute l’influence éventuelle que Blaise Compaoré pourrait avoir sur les Burkinabè vivant en Côte d’Ivoire?

Achille Tapsoba: La mise à l’écart de la carte consulaire est une décision politique. C’est un calcul politique, pas autre chose. La carte consulaire tient lieu de carte d’identité. Sur le plan administratif et diplomatique, elle ne pose aucun problème. Le Président Blaise Compaoré a beaucoup œuvré pour les Burkinabè en Côte d’Ivoire, il a une bonne image auprès d’eux pour les avoir aidés, avec le peuple ivoirien, à surmonter une grave crise. C’est de bonne guère que le Président Roch Kaboré pense qu’aux élections, il serait en position minoritaire par rapport au candidat qui se présenterait sous la bannière de Blaise Compaoré.

 
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Dernières minutes Faits divers

Avec sa coupe de cheveux, Bolsonaro humilie Le Drian. Pourquoi?

Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, devait rencontrer ce 29 juillet le Président brésilien, Jair Bolsonaro. Une réunion annulée par ce dernier pour cause de… coupe de cheveux. Une humiliation pour la diplomatie française? Sputnik a interrogé Christophe Ventura, directeur de recherches à l’IRIS et spécialiste de la région.

Difficile de faire passer ça pour une coïncidence… Le compte Facebook de Jair Bolsonaro, publiait ce lundi 29 juillet une vidéo du Président du Brésil, s’exprimant tout en se faisant couper les cheveux. Quelques minutes auparavant, l’exécutif brésilien annonçait l’annulation de sa rencontre avec Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères, expliquant cette décision «pour des raisons d’agenda».

Jean-Yves Le Drian
© SPUTNIK . KIRILL KALLINIKOV
Jean-Yves Le Drian boudé par le Président brésilien qui préfère se faire coiffer – vidéo

Même si Emmanuel Macron et Jair Bolsonaro affichent régulièrement leurs divergences, notamment sur les problématiques environnementales, les relations bilatérales restent importantes, Brasilia étant le premier partenaire commercial de la France en Amérique latine. Répondant à nos questions, Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS, spécialiste de l’Amérique latine, estime ainsi que le Président brésilien se venge, en quelque sorte, des postures pro-environnement venant de Paris.

Sputnik France: Comment expliquer cet imbroglio diplomatique entre le Brésil et France?

Christophe Ventura: «C’est effectivement une mise en scène qui a pour but d’envoyer un message de communication politique très claire, manifester l’aigreur de Jair Bolsonaro vis-à-vis du gouvernement français. Il avait déjà parlé en termes pas très sympathiques à l’égard du ministre Le Drian plusieurs fois. De quoi s’agit-il ici? De l’accord Union européenne-Mercosur et puis plus globalement de la question environnementale, l’arrière-fond de la dispute. M. Bolsonaro n’a pas apprécié que Le Drian fasse cette tournée sud-américaine pour promouvoir l’accord de Paris et les engagements des pays signataires, dont le Brésil. Il a pris ça finalement comme une pression de la France en Amérique du Sud.

Deuxième chose, il n’a peut-être pas apprécié que le ministre ait voulu obtenir un rendez-vous avec son vice-président, le général Hamilton Mourão, qui est à la fois un allié, mais qui a des relations compliquées avec Bolsonaro. Bolsonaro veut faire payer aussi au gouvernement français l’accueil par Macron au mois de mai dernier du chef indien Raoni, défenseur de l’Amazonie et qui est vraiment pour le coup un adversaire politique de Bolsonaro. C’est un peu tout ça qui constitue la facture qu’a fait payer Bolsonaro par cette pirouette de communication humiliante pour Le Drian.»

Sputnik France: Peu avant l’incident, le Président brésilien donnait le ton: «la soumission des précédents chefs d’État envers le premier monde n’existe plus.» Jair Bolsonaro est-il devenu anti-impérialiste?

Christophe Ventura: «M. Bolsonaro se fait un peu plaisir avec des formules un peu gratuites et surtout sans conséquence. Ce n’est pas ce qui caractérise M. Bolsonaro d’être dans une posture anti-impérialiste, au contraire. M. Bolsonaro a fait une campagne électorale où il n’a cessé de louer un de ses mentors, Donald Trump. Il s’est empressé, à peine élu, d’aller à Washington pour réaffirmer le réalignement de la diplomatie brésilienne sur Washington, on a vu plus anti-impérialiste que ça en Amérique latine ces dernières années.

Je crois que Bolsonaro essaie de flatter un certain sentiment anti-européen– ces Européens qui donnent toujours la leçon– dans un pays qui a cette idée de l’Europe, de région d’excellence, qui a beaucoup influencé les élites locales, leur culture, etc. C’est une provocation là-dessus. En réalité, c’est une formule à bon compte qui cache mal le réalignement du Brésil de Bolsonaro sur les intérêts de Washington.»

Sputnik France: Les signatures de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, ainsi que l’Accord de Paris sur le climat sont-elles contradictoires?

Christophe Ventura: «Ca dépend à quel niveau on se situe. Oui, c’est paradoxal sur le fond, parce qu’il ne faut pas longtemps pour comprendre ce qu’organise et ce que stimule l’accord de libre-échange entre le Mercosur et l’Union européenne: ce sont tout un tas de logiques économiques et commerciales qui aggravent et accélèrent des problèmes qui sont liés et qui produisent le changement climatique que l’on dénonce par ailleurs avec l’Accord de Paris. De ce point de vue-là, oui, l’accord en lui-même est une contradiction incarnée par rapport aux problèmes du changement du changement climatique. Ne serait-ce que par les logiques de libre-échange, il stimule les flux de marchandises par les transports, qui sont producteurs de carbone, etc.

Emmanuel Macron à Osaka
© SPUTNIK . MIKHAÏL KLIMENTIEV
Traité de libre-échange Mercosur-UE: les agriculteurs vont-ils payer le péché d’orgueil de Macron?

Dans le même temps, ce n’est pas si paradoxal si vous étudiez le texte de l’accord lui-même. Il faut toujours rappeler qu’il ne comporte aucune contrainte, il n’est contraignant en rien pour les États qui le signent, si ce n’est que les États reconnaissent un problème, le changement climatique. Ils reconnaissent un objectif, le fait qu’il faut éviter un dépassement des 1,5 degré, mais chaque pays est libre et souverain pour faire ce qu’il veut en matière environnementale. De l’autre côté, comme un effet-miroir, l’accord du Mercosur-Union européenne reconnaît lui aussi la question climatique, mais s’empresse de préciser que l’accord ne contraint personne et que tout pays peut à tout moment revoir ses positions. Il ne prévoit aucun type de sanction commerciale pour des pays qui ne respecteraient pas l’accord de Paris. Donc dans les deux cas, c’est un fromage avec de gros trous au milieu.»