00011"Daech ne connaît l'assaillant qu'après qu'il a commis l'attentat"Suite aux récentes révélations concernant Emni, cellule secrète de Daech chargée de planifier les attaques à l’étranger, un spécialiste de l’analyse du terrorisme a dévoilé à Sputnik de nouveaux détails concernant la structure de cette unité et la façon dont ses agents communiquent entre eux.

Un membre de Daech
© AP Photo/
Comment le service secret de l’EI met en place un réseau mondial de tueurs

Daech dispose d’une unité spéciale, appelée Emni, dont l’objectif est d’organiser des attentats en Europe, a-t-on récemment appris du rapport publié par le New York Times et rédigé sur la base des témoignages d’anciens djihadistes et d’informations obtenues par les services spéciaux français, belges, allemands et autrichiens.Les chefs d’Emni en Europe sont chargés de recruter, d’entraîner et de déployer des combattants à l’étranger, a expliqué le quotidien américain. Les recrues, quant à elles, sont apparemment « sélectionnées d’après leur nationalité et groupées selon la langue parlée en petites unités dont les membres ne se rencontrent que la veille de leur départ à l’étranger.

Suite à la révélation de ces détails concernant le fonctionnement de l’organisation terroriste, on peut se demander comment les agents d’Emni, membres de ces minuscules cellules, communiquent entre eux. Afin de tenter d’y répondre, Sputnik a contacté le Dr Max Abrahms, professeur à la Northeastern University et spécialiste de l’analyse du terrorisme.

« Ces cellules dormantes n’ont pas vraiment besoin de beaucoup communiquer entre elles. Souvent, la réalité est telle que Daech en tant qu’organisation ne connaît l’assaillant qu’après qu’il a commis l’attentat. L’assaillant connaît donc essentiellement Daech, mais Daech ne connaît pas l’assaillant », explique Dr Max Abrahms.

Et de souligner: « Ils sèment la terreur et disent qu’ils le font au nom de Daech. Il n’y a donc par vraiment besoin de beaucoup de communication entre les cellules dormantes en Europe « .

Selon l’expert, le groupe terroriste est très décentralisé et ressemble plutôt à un mouvement, son chef ayant à priori donné son feu vert à tous les musulmans du monde pour commettre des attaques de manière autonome. Ainsi, dans la plupart des cas, la relation entre l’organisation et l’assaillant est assez faible, notamment sur le plan opérationnel, indique M. Abrahms.

Police belge
© REUTERS/ Benoit Tessier
La Belgique a versé 50.000 € aux auteurs des attaques de Paris et de Bruxelles

« Les attaques peuvent être très variées. Par exemple, celles survenues à Paris l’année dernière ont forcément demandé beaucoup d’implication sur le plan organisationnel, tout comme l’attaque à l’aéroport d’Istanbul, alors que dans d’autre cas, il n’y a pas de communication », poursuit-il.À cet égard, M. Abrahms cite la fusillade organisée en juin dernier par Omar Mateen dans une boîte de nuit gay à Orlando, qui a coûté la vie à 49 personnes. « Il paraît qu’il a agi seul, sans communiquer avec le groupe, même si finalement il a attribué la responsabilité de son acte de violence à Daech », conclut le spécialiste.

Source