Grand Bassam : les terroristes étaient Maliens

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AqmiOn s’en doutait quelque peu vu la proximité du champ d’action malien. La police ivoirienne vient de le confirmer : les djihadistes qui ont attaqué la semaine dernière Grand Bassam, en Côte d’Ivoire, étaient des Maliens. Ainsi, le Mali devient une base arrière pour les terroristes, une base pour attaquer tous les pays de la sous-région de l’Afrique de l’Ouest. La question n’est plus de savoir s’ils vont attaquer tous les pays de l’Afrique occidentale mais quand ils vont le faire.

C’est un Malien installé en Côte d’Ivoire qui a vendu la mèche pour avoir abrité les trois terroristes qui ont tué 19 personnes à Grand Bassam. Le commando de terroristes est venu du Mali et serait lié à la branche djihadiste d’Amadou Kouffa. Ainsi le dessein des terroristes est clair : il s’agit de déstabiliser la région en la plongeant dans un climat de terreur qui ferait fuir les investisseurs étrangers et leur laisserait les mains libres.

Il apparaît désormais pour ceux qui étaient réticents que le terrorisme ne concerne plus que le seul Mali. C’est parce que certains se sont crus hors de portée des marchands de la mort que le terrorisme a pris de l’ampleur et menace l’UEMOA et la CEDEAO. Désormais, il faut une gestion régionale de la menace. Ce serait une erreur de croire que la neutralité en la circonstance mettrait un quelconque pays à l’abri.

Si jusque-là c’est le Mali qui a été déclaré par certaines chancelleries comme un pays à haut risque, c’est bientôt tous les pays de l’ouest africain qui le seront si des mesures vigoureuses et multinationales tendant à éradiquer le mal terroriste ne sont pas mises en place. Dakar, Cotonou, Lomé, Conakry et toutes les autres capitales sont désormais à portée de Kalachnikov.

Les Africains ont cette fâcheuse tendance à s’en remettre aux puissances étrangères pour régler leurs problèmes. Certes un pays comme la France, grâce à sa force de frappe, peut jouer un rôle important dans la lutte anti-terroriste. Cependant elle n’a pas les moyens matériels et financiers de faire face seule au défi auquel nous sommes confrontés. Pour une fois, les Africains seraient bien inspirés de fédérer leurs forces à travers une politique commune de lutte contre le terrorisme et ne pas pleurnicher sur le manque de moyens pour ce faire.

En attendant, il serait souhaitable d’engager une lutte ouverte contre le radicalisme musulman. Les responsables et chefs religieux maliens, avec à leurs côtés les responsables politiques du pays, viennent de faire un pas dans ce sens en organisant à Bamako une rencontre pour réfléchir sur les moyens de lutter contre le radicalisme musulman. En effet, les extrémistes musulmans travaillent désormais à visages découverts et lancent, sur les ondes de radio dites islamiques et au cours des prêches dans des mosquées connues de tous, de véritables invitations au djihad et à l’instauration d’un État islamique au Mali. Il faut dire que l’absence d’autorité de l’État a largement favorisé cette situation car beaucoup de ces radios n’ont aucune autorisation d’émettre. L’état d’urgence aurait été l’occasion de mettre toutes ces radios hors d’état de nuire.

Maintenant que les chefs et responsables religieux du Mali ont décidé d’engager le combat contre les fossoyeurs de l’Islam de tolérance que notre pays a développé depuis des siècles, les autorités n’ont plus rien à craindre. Des mesures vigoureuses et courageuses doivent être prises pour endiguer l’islamisme radical. Si les terroristes n’ont pas de cellules dormantes parmi la population, il sera plus facile de les mettre en échec. Car c’est un secret de polichinelle que des collaborateurs existent parmi nous.

La balle est désormais dans le camp du Gouvernement. IBK a juré de faire le Bonheur des Maliens. Les Maliens attendent depuis plus de deux ans un début de réalisation de cette promesse. Museler les extrémistes dans la capitale serait déjà un grand pas dans la lutte contre le fondamentalisme dont les Musulmans maliens ne veulent pas.

Ousmane THIÉNY KONATÉ

© maliactu.net

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