Le Conseil National de la Société Civile du Mali a déploré hier, la faible réaction des Pouvoirs Publics face à la situation d’insécurité grandissante qui, selon le Conseil, si elle n’est pas circonscrite et éradiquée, risquerait de contribuer à compromettre sérieusement la solidarité, la cohésion entre les communautés qui sont pourtant condamnées à vivre ensemble en paix.

Les responsables du Conseil National de la Société Civile du Mali ont rencontré, hier, mardi 28 février, à leur siège, la presse malienne. Objectif : faire le point sur la situation sécuritaire alarmante du pays. Le Conseil, dans une déclaration lue par son président Boureima Allaye Touré, « constate avec regret, consternation et indignation les évènements douloureux survenus dans le cercle de Ke-Macina et qui ont entrainé l’assassinat de paisibles citoyens les 11 et 13 Février 2017 lors d’affrontements entre les populations des villages de Kama et Senebamana dans la région de Ségou. » Le Conseil National de la Société Civile, dans sa déclaration, a présenté aux familles endeuillées ses condoléances les plus attristées et souhaité aux blessés un prompt rétablissement.

«  Il dénonce, avec la dernière rigueur, les crimes et attentats gratuits contre les populations presque sur l’ensemble du territoire notamment dans les Régions du Nord et du Centre malgré le déploiement des forces armées et de sécurité par des individus ou groupes d’individus qui ne semblent venir de nulle part », a indiqué Boureima Allaye Touré. Il ajoutera : « le Conseil National de la Société Civile, malgré l’instauration de l’état d’urgence, déplore la faible réaction des Pouvoirs Publics face à cette situation d’insécurité grandissante qui,  si elle n’est pas circonscrite et éradiquée, risquerait de contribuer à compromettre sérieusement la solidarité, la cohésion entre les communautés qui sont pourtant condamnées à vivre ensemble en paix. »
Boureima Allaye Touré a dénoncé cette situation d’insécurité  qui, selon lui,  a atteint son paroxysme. « Le Conseil National de la Société Civile, invite les citoyens à s’investir auprès des pouvoirs publics et à les accompagner », a déclaré le président du Conseil National de la Société Civile, avant d’annoncer deux missions prochaines du Conseil dans le Centre et le Nord du pays (une mission à Ségou et une autre à Mopti). «  La sécurité est une question d’intérêt national.

Depuis 2012, nous la traversons. On n’a pas encore vu le bout du tunnel, et mieux cette insécurité évolue beaucoup plus vite et est maintenant au niveau du centre. Aujourd’hui ce n’est plus une question de rébellion, mais de  confrontations entre les communautés. Toute chose qui entame notre cohésion sociale et notre solidarité », explique Boureima Allaye Touré. Il ajoutera que notre situation actuelle est différente de tout ce qu’on avait connu jusqu’ici. « Et nous devrons avec tact essayer de l’accompagner, même si nous devrons beaucoup de nos plumes pourvu que nous en sortions. Notre pays est dans une situation pas agréable surtout les points. L’heure n’est pas au silence, mais l’heure est à l’action. »

Comment remédier à cette insécurité grandissante ? Le Conseil national de la Société Civile exhorte les pouvoirs publics à développer et à mettre en œuvre des stratégies et actions pertinentes et urgentes pour rétablir l’autorité de l’Etat sur tout le territoire national dans un esprit républicain, engager des actions pour éradiquer le phénomène en vue de restaurer la confiance entre les populations et les autorités légales ; rechercher, poursuivre et sanctionner les criminels et leurs complices conformément aux dispositions légales.

Madiassa Kaba Diakité