La France tacle durement les États-Unis sur l’Otan et les F-35

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L’Europe doit renoncer à une dépendance totale aux armes américaines, a souligné la ministre française des Armées Florence Parly, critiquant l’approche «conditionnelle» du Président Trump à l’égard de l’Otan et de ses alliés européens et ironisant sur la vente des F-35.

Après qu’Emmanuel Macron a plaidé à l’automne dernier pour la création d’une armée européenne afin d’éviter de dépendre trop fortement de l’Otan, c’est au tour de la Défense française de s’exprimer. La ministre des Armées Florence Parly s’en est prise à l’engagement des États-Unis dans l’Alliance atlantique et a implicitement critiqué l’attitude de Donald Trump vis-à-vis de celle-ci.

«Ce qui préoccupe les Européens est de savoir si l’engagement des États-Unis est pérenne», a souligné Mme Parly lors d’une visite à Washington lundi. «L’alliance ne devrait pas être soumise à des conditions, sinon ce n’est pas une alliance».

«La clause de solidarité de l’Otan est baptisée Article 5 et non article F-35», a-t-elle ironisé, faisant une allusion au nouvel avion furtif de l’Armée américaine que Washington voudraient voir les Européens acheter, au détriment d’appareils fabriqués localement.

S-400 (archive photo)
© SPUTNIK . SERGEI MALGAVKO
S-400 et F-35 en Turquie: un dangereux voisinage pour des militaires US

Les États-Unis ne devraient pas considérer cela comme un geste hostile, ni comme un prétexte pour se désengager, a encore estimé Florence Parly, plaidant en faveur d’une autonomie stratégique européenne, laquelle passe par un investissement dans les capacités clés et la consolidation de la base industrielle de défense du Vieux Continent.Mme Parly a ajouté: «quand les Européens ont entendu, en juillet dernier à l’OTAN, que si leurs dépenses militaires n’atteignaient pas 2% du PIB, les États-Unis “suivraient leur propre chemin”, ils n’ont pas été rassurés”».

Soldats de l'armée française (archive photo)
© AP PHOTO / MICHAEL PROBST
Malgré le retrait des USA, la France reste militairement engagée en Syrie, selon Parly

Depuis son entrée au pouvoir en janvier 2017, Donald Trump réclame régulièrement davantage d’efforts financiers de la part des autres pays membres de l’Alliance et promeut sans relâche les armes et les équipements militaires américains. Il exige notamment que les pays membres consacrent 2% de leurs produits intérieurs bruts à leurs dépenses militaires, faute de quoi il menace de retirer les États-Unis de l’Otan.En novembre dernier, M. Trump avait jugé «très insultant» que son homologue français Emmanuel Macron ait proposé la création d’une armée européenne pour que l’Union puisse se protéger de potentiels adversaires.

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