028-Ibrahim-Boubacar-Keïta-président-du-Mali-592x296Les Maliens seront appelés aux urnes le 20 novembre prochain pour élire leurs maires « sur toute l’étendue du territoire national », sept ans après les derniers scrutins communaux dans ce pays en proie à des troubles, a annoncé mercredi 10 août le gouvernement.

Le Conseil des ministres réuni mercredi sous la direction du président Ibrahim Boubacar Keïta « a adopté un projet de décret portant convocation du collège électoral, ouverture et clôture de la campagne électorale à l’occasion de l’élection des conseillers communaux« , affirme le gouvernement dans un communiqué.

Dernières élections en 2009 

La campagne électorale doit s’ouvrir le 4 novembre et prendre fin le 18 novembre, poursuit-il. Les dernières élections communales remontent à 2009, selon une source jointe par l’AFP au ministère de l’Administration territoriale. À l’époque, ces scrutins locaux avaient été émaillés d’incidents dans le nord du pays : plusieurs électeurs avaient en effet été blessés à l’arme blanche.

Les conseillers communaux devant être élus pour un mandat de cinq ans, ces scrutins auraient donc dû se tenir en 2014. Mais l’instabilité du pays et les attaques terroristes avaient conduit les autorités à repousser le scrutin.

Quid des autres élections ? 

Les municipales étaient initialement envisagées pour le 25 septembre, selon un projet de calendrier communiqué récemment par les autorités et la Mission de l’ONU au Mali (Minusma).

Ce programme indicatif mentionnait également la tenue d’un référendum constitutionnel le 27 novembre, des élections régionales et locales au cours du premier trimestre de 2017, ainsi qu’une présidentielle en juillet 2018 et des législatives quatre mois plus tard. Il n’était pas possible de savoir mercredi soir si le reste du programme était maintenu.

L’insécurité trouble (aussi) les élections

L’insécurité dans le Nord, et de plus en plus dans le Sud, a conduit le gouvernement à décider un énième report des scrutins régionaux et communaux. Même l’opposition acquiesce : c’est dire !

«Les reports finissent par créer des dénis de droit. On ne peut pas y recourir indéfiniment. » À la mi-septembre, face aux représentants des partis politiques, Abdoulaye Idrissa Maïga, le ministre de l’Administration territoriale, semblait tenir pour acquis que l’élection des conseillers communaux, des conseillers régionaux et des conseillers du district de Bamako se tiendrait bien le 25 octobre, conformément au calendrier annoncé six mois plus tôt par le gouvernement. Le Mali pouvait-il se permettre de repousser plus longtemps, en dépit d’une situation sécuritaire défaillante, cette échéance électorale initialement prévue en avril 2014 (pour les communales) et qui avait déjà fait l’objet de trois reports successifs après avoir été couplée avec les régionales ? « La léthargie doit-elle continuer ? » s’interrogeait le ministre, tout en faisant observer que le mandat des élus locaux était arrivé à échéance depuis dix-huit mois.

 

 

Dans les régions de Kidal, Tombouctou, Gao ou Mopti, des gouverneurs, préfets et sous-préfets ont en effet dû abandonner leur poste face à la menace terroriste

Las ! Ce 23 septembre, un communiqué officiel annonçait le report sine die du double scrutin. Certes, rarement depuis l’accession au pouvoir du président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) une mesure aura suscité un tel consensus au sein de la classe politique et des groupes armés, parties prenantes à l’accord de paix d’Alger signé en juin. « Il est impossible de tenir ces élections car les autorités maliennes ne sont pas représentées sur l’ensemble du territoire », résume Tiémoko Sangaré, le président de l’Adema-PASJ, parti membre de la majorité présidentielle.

Dans les régions de Kidal, Tombouctou, Gao ou Mopti, des gouverneurs, préfets et sous-préfets ont en effet dû abandonner leur poste face à la menace terroriste. Comment, dans ces conditions, les candidats pourraient-ils faire campagne, et l’État assurer la bonne tenue du scrutin ?

Même son de cloche au sein des Forces alternatives pour le renouveau et l’émergence (Fare An Ka Wuli), un parti d’opposition. « Les conditions qui ont justifié ces reports successifs n’ont pas évolué, le retour de l’Administration dans les régions du Nord n’est pas encore effectif », avertissait en août leur président, Modibo Sidibé, ajoutant qu’il en allait de même pour celui des réfugiés et que « les conditions sécuritaires restent des plus précaires ». Un point de vue que partage Soumaïla Cissé, le chef de file de l’opposition, pour qui il convient de prolonger le mandat des élus locaux jusqu’à ce que les obstacles au scrutin aient été surmontés.

Les raisons du report

En juillet-août puis en novembre-décembre 2013, à la suite de l’accord signé en juin à Ouagadougou entre les autorités de la transition et les groupes rebelles touaregs, les élections présidentielle et législatives avaient pu se tenir du nord au sud du pays. Mais « après les événements de mai 2014 à Kidal, l’État a reculé », reconnaît Soumeylou Boubeye Maïga, l’ancien ministre de la Défense déchu après la débâcle de l’armée malienne dans le fief des Ifoghas, sur fond d’exécution de plusieurs préfets et sous-préfets.

Censé définir les conditions d’une normalisation définitive dans le nord du pays, l’accord d’Alger vient compliquer la tâche du ministre de l’Administration territoriale. En effet, le texte prévoit l’élection des conseillers régionaux et celle du président de l’assemblée régionale au scrutin universel direct, alors qu’ils sont aujourd’hui élus au suffrage indirect. Ce qui implique que la loi électorale doive être révisée pour être mise en conformité avec l’accord, sauf à entériner un régime à deux vitesses en matière de collectivités territoriales.

Par ailleurs, le texte signé à Alger fixe pour les régions du Nord une période transitoire de dix-huit à vingt-quatre mois avant que des élections puissent s’y tenir. Ce qui a conduit les frères ennemis de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et de la Plateforme des mouvements d’autodéfense, loyaliste, à demander d’une même voix un énième report du scrutin.

Le Mali aura désormais huit petits IBK, ironise Tiébilé Dramé. Une allusion aux pouvoirs, jugés exorbitants, des présidents de région

Dernier point de litige : l’État malien ayant entamé les négociations avec les groupes armés de la CMA dans un rapport de force défavorable, il a, selon l’opposition, fait la part belle aux revendications de ses interlocuteurs, entérinant une décentralisation poussée qui, selon plusieurs leaders politiques, flirterait avec une autonomie déguisée. « Le Mali aura désormais huit petits IBK », ironise Tiébilé Dramé, le président du Parti pour la renaissance nationale (Parena), qui avait officié comme conseiller spécial au moment de l’accord de Ouagadougou. Une allusion aux pouvoirs, jugés exorbitants, des présidents de région tels qu’ils sont définis par l’accord d’Alger.

« Dans chacune de ces régions-États dotées de pouvoirs étendus, le président cumulera les fonctions de président de l’exécutif régional, de président de l’assemblée régionale et de chef de l’Administration », s’inquiète Dramé, qui rappelle en outre que les délibérations de l’assemblée régionale seront désormais exécutoires, l’État ne disposant plus que d’un pouvoir de contrôle a posteriori.

Pour le gouvernement, la tenue de ce scrutin couplé tourne donc au casse-tête. Un temps évoquée, l’hypothèse d’élections échelonnées – d’abord dans le Centre et dans le Sud, puis à Bamako et enfin dans les régions du Nord – a suscité la défiance de la classe politique. « Organiser l’élection uniquement dans les zones contrôlées par l’État reviendrait à cautionner la partition dans les zones à prétentions sécessionnistes », estime Tiémoko Sangaré, pour qui la seule issue au blocage actuel consiste à hâter la mise en œuvre de l’accord.

France – Mali : retour en grâce pour IBK

Un bain de jouvence… Les 21 et 22 octobre, le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) a eu droit aux fastes d’une visite d’État en France – une première depuis l’indépendance.

Audiences avec les plus hautes autorités de la République, Champs-Élysées et bâtiments publics pavoisés aux couleurs du Mali, honneurs militaires aux Invalides, conférence à la Sorbonne… Sans parler des promesses de financement (plus de 3 milliards d’euros) reçues lors de la conférence internationale « Bâtir un Mali émergent », qui s’est tenue au siège de l’OCDE. Pendant ces quarante-huit heures, choyé par la France et par les partenaires techniques et financiers, après deux années de mandat, IBK aura savouré son retour en grâce.

Cette apothéose diplomatique, il la doit en grande partie à la signature en juin, à Alger, d’un accord de paix censé enterrer la hache de guerre entre les autorités maliennes et la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), qui réunit les groupes armés touaregs.

026-Municipales au Mali

Si la potion est amère, puisqu’elle ouvre la voie à une décentralisation tellement poussée que ses détracteurs, au Mali, dénoncent les prémices d’un fédéralisme des régions du Nord frisant l’autonomie, la communauté internationale y voit quant à elle la solution de la dernière chance pour un pays en souffrance, dont de vastes pans de territoire ne sont plus totalement contrôlés par l’État et où des milliers de réfugiés n’ont encore pu regagner leur terre.

« Le 19 octobre, jour de rentrée scolaire à Kidal, le ministre de l’Éducation a dû renoncer in extremis au projet de se rendre dans ce bastion touareg du Septentrion

Une fois les lampions éteints, c’est cette réalité moins glorieuse qui attend à Bamako le chef de l’État, dont la gouvernance n’a rien d’une sinécure. Le 19 octobre, jour de rentrée scolaire à Kidal, le ministre de l’Éducation a dû renoncer in extremis au projet de se rendre dans ce bastion touareg du Septentrion. Nouveau camouflet infligé au gouvernement par les chefs de la ville rebelle, qui dissuadent depuis deux ans les représentants de l’État central d’y poser le pied.

En mai 2014, pour avoir bravé cet interdit, Moussa Mara, alors Premier ministre,avait provoqué une tragique réaction en chaîne. Ajournées à trois reprises, les élections communales et régionales prévues ce 25 octobre ont été reportées sine die. Signe que le régime ne peut organiser ce scrutin tant attendu sous peine d’entériner une partition du territoire entre le Mali gouverné par Bamako et un mythique Azawad, devenu le laboratoire d’une « discrimination positive » à la malienne.

« Le début du mandat d’IBK est entaché de soupçons de scandale et de népotisme

Si IBK bénéficie d’une confortable majorité à l’Assemblée nationale, son opposition (ouvertement) et les principaux partenaires du régime (en off) ne se privent pas d’exprimer leur scepticisme. Le début de son mandat est entaché de soupçons de scandale et de népotisme. On critique également son goût du voyage à l’étranger au détriment du pays profond, l’insécurité grandissante dans des régions jusque-là préservées – y compris Bamako comme le montre l’attentat du 20 novembre contre l’hôtel Radisson Blu qui a fait 22 morts -, sans parler du bilan mitigé, aux yeux des Maliens, des opérations Serval et Barkhane et de l’action de la Minusma. Tandis que l’armée française est soupçonnée de tropisme pro-Touaregs, les Casques bleus se voient, eux, reprocher une neutralité de mauvais aloi.

« On ne balaie pas la chambre pour mettre les déchets sous le lit », dit un proverbe local. Pour nombre de Maliens, voir flotter sur l’avenue mythique de la capitale française le drapeau vert, or et rouge de leur pays ne saurait atténuer la douleur de ne plus le voir orner le gouvernorat de Kidal.

Mehdi Ba

 IBK, le temps joue contre lui

Ses opposants lui reprochent la corruption, la cherté de la vie et la recrudescence des attaques jihadistes. Il répond en brandissant les bons chiffres de l’économie. À mi-mandat, Ibrahim Boubacar Keïta se sait condamné… à réussir.

Au début du mois de juillet, il était donné pour mort. Les dernières apparitions le montraient « le teint blafard, l’air abattu, comme sonné », reconnaît un proche du pouvoir. Pendant un week-end, la rumeur s’est répandue comme une traînée de poudre dans tout Bamako. Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) avait disparu des écrans. Lui, l’homme des médias, si affable d’habitude, beau parleur, adepte du subjonctif, avait « avalé son micro ». La communication de la présidence avait évoqué un voyage diplomatique en Turquie, les faiseurs de rumeurs claironnaient qu’il était parti en catimini se faire soigner d’une maladie « grave » dans un grand hôpital d’Istanbul.

L’insécurité perdure au Mali, malgré l’accord d’Alger

Et puis il est revenu, le dimanche 12 juillet, après quelques jours seulement, tout sourire, conviant les caméras de télévision au pied de son avion pour prouver qu’il était toujours à la tête de l’État. Jamais il n’y eut autant de clichés pris que ce jour-là. IBK était de retour, immortel, dans son soyeux boubou bleu, avec ses éternelles lunettes de soleil. « Tout cela illustre bien l’état du Mali aujourd’hui, un pays en proie aux rumeurs », estime Soumaïla Cissé, principal opposant et ancien candidat à la présidentielle de l’Union pour la république et la démocratie (URD), qui évoque une « désillusion générale face à l’insécurité grandissante, à la corruption, à la cherté de la vie ».

Depuis juin, malgré l’accord de paix au Nord signé entre Bamako et la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) en présence des principaux représentants de la communauté internationale (ONU, Union africaine, Union européenne, États-Unis, France), de violents accrochages ont régulièrement lieu à Ménaka ou à Anéfis, entre combattants touaregs et milices pro-Bamako de la Plateforme. Plus inquiétant, ces derniers mois, les attaques jihadistes se sont succédé au centre et au sud du pays, à la frontière avec le Burkina Faso, visant la plupart du temps des militaires maliens.

Sven Torfinn/Panos-REA

La prise d’otages meurtrière de Sévaré le 7 août, cinq mois après la fusillade du bar restaurant La Terrasse, à Bamako, a donné l’impression que la menace terroriste était partout. Jamais, depuis l’invasion islamiste en 2012, l’armée malienne n’est apparue aussi fragilisée face au harcèlement des jihadistes. « L’urgence pour IBK, c’est de renforcer son armée et la légitimité de l’État », analyse Michel Galy, spécialiste de l’Afrique subsaharienne et professeur à l’Institut des relations internationales (Ileri), à Paris. « Le problème, c’est qu’il donne l’impression d’être en partie sous tutelle, notamment de la France à travers l’opération Barkhane. Les soldats français ont mis en place un incroyable système militaire nomade transfrontalier, qui leur permet pour une durée indéterminée de contrôler toute la bande sahélienne sans en référer au pays souverain. »

Et, face à une nation assiégée, IBK donne l’impression de se retrancher dans son palais, entouré de ses proches, au sein desquels les membres de sa propre famille occupent les premiers rangs. Les tempêtes médiatiques se succèdent, notamment lors de la révélation de deux scandales de corruption qui ont défrayé la chronique. Selon plusieurs rapports d’enquêtes publiés en 2014, l’acquisition d’un second avion présidentiel et l’achat d’équipements militaires auraient dissimulé des surfacturations d’environ 40 milliards de F CFA (61 millions d’euros).

La défense d’IBK

Les critiques fusent, mais le descendant du fondateur de l’empire du Mali, Soundiata Keïta, qui ne cache pas son admiration pour l’autre Keïta, Modibo, le père de la nation, calme le jeu et cherche les soutiens ailleurs. Par exemple auprès du roi du Maroc, Mohammed VI, venu deux fois en visite d’État. « Le début du mandat a été assez difficile pour IBK. Les voyages pour nouer de nouveaux partenariats et évoquer la question du Nord l’ont éloigné de la population, mais il y revient… Il aime bien comprendre les aspirations du peuple et il a pris conscience de l’humiliation vécue durant la crise », estime Mahamadou Camara, son ancien directeur de cabinet.

« En moins de deux ans, le pays a retrouvé sa deuxième place de producteur de coton en Afrique, juste derrière le Burkina

La meilleure défense, c’est l’attaque, dit-on. Face à l’adversité, le président IBK répond par des chiffres. En 2014, après une très longue période de récession, la croissance a dépassé les 7 %, grâce surtout à la meilleure santé du secteur agricole, longtemps en crise. En moins de deux ans, le pays a retrouvé sa deuxième place de producteur de coton en Afrique, juste derrière le Burkina. En partie grâce à une bonne pluviosité, les dernières récoltes de riz ou de mil sont excellentes. « IBK a compris que le Mali était le jardin vert de l’Afrique de l’Ouest. En modernisant le secteur, notamment grâce à la réalisation de grands projets hydroagricoles, au développement des entreprises agroalimentaires et à la distribution d’un millier de tracteurs aux paysans, le Mali redevient une puissance agricole », poursuit Mahamadou Camara.

Malgré l’insécurité latente, les investisseurs reviennent eux aussi dans un pays où tout est à faire ou à refaire. Les principaux grands hôtels de la capitale affichent complet, à l’image du Radisson Blu, ultrasécurisé et qui a plus que doublé sa capacité d’accueil en 2013, passant de 70 à 193 chambres. « Étrangement, la crise du Nord a eu un effet bénéfique sur nos réservations, puisque nous avons dû recevoir un certain nombre de délégations lors des négociations et sommets pour la paix. Et, surtout, nous voyons à nouveau débarquer des hommes d’affaires français, mais aussi du Maroc, du Sénégal ou d’Afrique australe, spécialistes de la construction, des télécoms ou de l’informatique. Le plus dur est derrière nous », se réjouit Gary Ellis, le directeur général du Radisson Blu.

« Le sommet Afrique-France, où se presseront des dizaines de délégations africaines, doit permettre au Mali de montrer un nouveau visage, à la fois dynamique et apaisé

Depuis un an, dans le quartier d’ACI 2000, de nouveaux buildings remplacent lentement les vieux baraquements déblayés à coups de bulldozers. Au grand dam des habitants les plus pauvres, qui en ont été expropriés. Bamako se prépare ainsi à accueillir le sommet Afrique-France de décembre 2016. Cet événement majeur, où se presseront des dizaines de délégations africaines, doit permettre au Mali de montrer un nouveau visage, à la fois dynamique et apaisé. « Même si tout n’est pas réglé, l’accord de paix au Nord a signé la fin d’un conflit. C’est un acquis considérable. Le pays va retrouver sa quiétude », s’enthousiasme Oumar Keïta, historien et nouvel ambassadeur du Mali à l’Unesco. À mi-mandat, IBK a encore deux ans et demi pour convaincre les plus sceptiques. Après tout, « le prince du Mande » est aussi surnommé le « Kankélétiki », l’homme du « je dis, je fais ».

François-Xavier Freland

Source : J.A-Mali