4949706_6_df09_une-photo-non-datee-et-diffusee-sur-les_4828a989fc5dc8032fbba5aca48bf987Le chef du FBI, James Comey, a exprimé, lundi 13 juin, sa conviction que le tueur d’Orlando, Omar Mateen, avait été « radicalisé » en partie sur Internet. Il a également évoqué «  une inspiration potentielle » par des organisations terroristes étrangères, au lendemain de la tuerie qui a fait 49 morts et 53 blessés dans une boîte de nuit, et a été revendiquée par l’organisation Etat islamique (EI).

Le président Barack Obama avait déclaré plus tôt qu’il n’y avait pas « de preuves claires » que l’attaque d’Orlando ait été commanditée de l’étranger. « Il semble que le tireur ait été inspiré par diverses sources d’information extrémistes sur Internet », a-t-il déclaré à l’issue d’une réunion avec, entre autres, James Comey, et le ministre de la sécurité intérieure, Jeh Johnson. « Il a annoncé son allégeance à l’organisation Etat islamique à la dernière minute, mais il n’existe pas de preuve à ce stade qu’il ait été dirigé par elle », a insisté Barack Obama.

 

L’Américain d’origine afghane, âgé de 29 ans, avait toutefois éveillé les soupçons des autorités fédérales en 2013 et 2014 pour ses éventuels liens « avec des terroristes ». Aucune preuve n’avait alors été établie, a précisé Ronald Hopper, un responsable local du FBI. Le tireur d’Orlando « ne constituait pas une menace substantielle à ce moment-là ».

Dans le collimateur du FBI

Lors de son attaque dans la boîte de nuit le Pulse, haut lieu de la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres), le tueur a tué plusieurs personnes avant de se retrancher dans les toilettes avec des otages. Il a alors appelé les services d’urgence pour revendiquer son « allégeance » au groupe Etat islamique, et a également fait référence aux frères Tsarnaïev, auteurs des attentats à Boston en 2013. Dans un communiqué revendiquant l’attaque, l’EI a qualifié Omar Mateen de « soldat du califat ».

L’homme travaillait dans une entreprise de sécurité, G4S, depuis septembre 2007. Selon CNN le tueur s’était rendu en 2011 et 2012 en Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis pour des pèlerinages religieux. D’après la police fédérale, il avait des « antécédents violents ».

Il était entré dans le collimateur du FBI en 2013, en raison de déclarations rapportées par des collègues de travail faisant suspecter de possibles liens terroristes. Le FBI avait alors mené une enquête plus approfondie, en interrogeant des témoins, en le surveillant, en vérifiant ses antécédents et en l’interrogeant deux fois. Il avait attiré à nouveau l’attention de la police fédérale en 2014 en raison de liens possibles avec Moner Mohammad Abu Salha, le premier kamikaze de nationalité américaine en Syrie, qui avait grandi lui aussi en Floride avant de rejoindre le Front Al-Nosra, proche d’Al-Qaida. Ces enquêtes avaient été classées sans suite, faute de preuves ou d’éléments suffisamment inquiétants.

Titulaire d’un permis de port d’arme, Omar Mateen avait pu se procurer très récemment deux armes (une arme de poing et un fusil), selon l’ATF, l’agence fédérale chargée de la lutte contre le trafic des armes à feu. Après la vague d’émotion et d’hommages à travers le monde, le débat s’orientait lundi, aux Etats-Unis, vers le sujet récurrent du contrôle de la circulation des armes dans le pays.

« Il me battait »

Sa famille, elle, lui reconnaît bien des travers, mais elle jure que son acte n’était en rien lié à la religion, y voyant plutôt des motifs homophobes. Le père du terroriste, Seddique Mateen, a relaté à NBC News que son fils avait été choqué de voir deux hommes s’embrasser à Miami, il y a quelques mois. Le Washington Post précise que son père animait une émission en dari (persan parlé en Afghanistan) sur une chaîne nommée Payam-e-Afghan. Sur l’une des vidéos postées sur YouTube, ajoute le journal américain, il remercie les talibans afghans et critique le gouvernement pakistanais.

L’ex-femme d’Omar Mateen a assuré au Washington Post qu’il n’était « pas une personne stable » et qu’il la battait souvent pendant les quelques mois qu’a duré leur mariage, à partir de 2009. Elle a ajouté qu’il n’était alors pas très religieux, qu’elle ne l’avait elle jamais entendu soutenir le terrorisme, et qu’il travaillait comme garde dans un centre pour jeunes délinquants.
Source: http://www.lemonde.fr/

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