OTAN / Russie, la stratégie de la tension

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Les relations Otan/Russie sont émaillées d’incidents qui pourraient dégénérer. En mer Baltique, en Europe de l’Est ou en Méditerranée, les rencontres entre navires et avions des deux puissances entretiennent la tension.

Crispation accrue par le renforcement de l’Otan à proximité des frontières russes.

An U.S. Navy picture shows what appears to be a Russian Sukhoi SU-24 attack aircraft flying over the U.S. guided missile destroyer USS Donald Cook in the Baltic Sea in this picture taken April 12, 2016 and released April 13, 2016
© REUTERS/ US Navy
Moscou fait un pas pour assurer la sécurité des vols militaires au-dessus de la Baltique

3 juillet, mer BaltiqueSuite aux incidents d’avril entre les aviations russes et américaines, la Russie propose d’activer systématiquement ses transpondeurs, qui permettent l’identification des avions sur les radars, à la condition que l’US Air Force en fasse de même. À plusieurs reprises, des avions de reconnaissance étasuniens ont approché la frontière russe en mer Baltique transpondeur éteint et s’étaient vus interceptés en vol par des avions des forces aériennes russes.

1er juillet, mer Méditerranée
Selon le commandement européen de l’armée américaine, la frégate russe Iaroslav Moudryï “a manœuvré en direction” croiseur lance-missiles USS San Jacinto, au point de se trouver “à proximité injustifiée” du croiseur américain. Si le navire américain ne s’est en aucun cas “senti menacé”, la marine étasunienne souligne que la manœuvre russe était contraire aux “règles maritimes internationales”. Le Iaroslav Moudryï s’était approché d’environ 140 m. du USS San Jacinto avant de se placer dans son sillage.

1er juillet, Europe de l’Est (Lettonie)
Le ministère canadien de la Défense a pris la décision d’envoyer ses troupes en Europe de l’Est pour aider l’Otan à “endiguer” la Russie. Ce sont 1000 soldats canadiens qui seront déployés en Lettonie dans le cadre du renforcement du dispositif de l’OTAN en Europe de l’Est. Celui-ci se composera de quatre bataillons déployés en Lituanie, en Lettonie, en Estonie et en Pologne selon un principe de six à neuf mois de rotation. Il s’agit du plus important renforcement des troupes de l’OTAN en Europe de l’Est depuis la Guerre froide.

23 juin, Europe de l’Est (Pays baltes)
La France va envoyer quatre avions de combat Rafale dans les pays baltes de septembre à décembre 2016. Les quatre chasseurs survoleront les cieux letton, lituanien et estonien dans le cadre de la mission Baltic Air Policing, qui consiste à faire respecter l’espace aérien des pays baltes face à la “menace russe”.

Les soldats de l'Otan
© AP Photo/ Mindaugas Kulbis
L’Otan teste ses armes près des frontières russes

20 juin, Europe de l’Est (Estonie)

La phase finale des exercices de l’Otan Saber Strike consiste en des tirs d’entraînement au moyen de différentes armes sur le polygone central des Forces de défense d’Estonie. Les tirs impliqueront des avions d’attaque au sol, des hélicoptères, et des lance-roquettes multiples américains M142 HIMARS, qui seront utilisés pour la première fois en Estonie, ainsi que des canons d’artillerie M777 de 155 mm.
Les exercices Saber Strike sont organisés par le Commandement des forces terrestres américaines en Europe. Ils impliquent près de 10.000 militaires en provenance de 13 pays membres de l’Otan et de pays partenaires. Les exercices prendront fin le 21 juin dans la ville de Tapa.
Le politologue de l’université de Chicago spécialisé dans les problèmes de sécurité européenne John Mearsheimer a qualifié ces exercices de “bêtise surprenante”, ceux-ci revêtant un évident caractère de provocation.

Siber Strike
L’Otan renforce tous azimuts sa présence à la frontière russe

17 juin, Europe de l’Est (Pologne)
La Pologne a déclaré la fin des exercices de l’Otan Anaconda 2016, qui se sont déroulés du 7 au 17 juin. Ces exercices ont impliqué 31.000 militaires en provenance de 18 pays membres de l’Otan et de cinq pays membres du programme Partenariat oriental. Il s’agit des plus importantes manœuvres militaires à proximité de la Russie depuis 1989.17 juin, mer Méditerranée
La marine russe, cette fois, a accusé le destroyer américain USS Gravely de s’être approché dangereusement près de cette même frégate russe, le Iaroslav Moudryï. Le ministère russe de la Défense avait alors avant de dénoncer une “violation grossière des règles internationales sur la prévention des collisions en mer” et de l’accord INCSEA, négocié en 1972 entre les États-Unis et l’Union soviétique. Le navire américain serait passé à 60 ou 70 mètres du navire russe avant de couper sa route. L’US Navy avait de son côté renvoyé la responsabilité de l’incident à la marine russe.

Destroyer américain Porter
© AFP 2016 STR
Les USA resteront dans la mer Noire pour “dissuader toute éventuelle agression”

6 juin, mer Noire
Le destroyer américain Porter est entré le 6 juin dans le bassin de la Mer Noire pour participer à des exercices conjoints de l’Otan, dans le cadre de l’opération Résolution Atlantique (Atlantic Resolve), ce qui a provoqué une réaction négative de Moscou. “Des navires de guerre entrent parfois dans la mer Noire. Certes, cela n’est pas approuvé [par la Russie] et provoquera sans doute des mesures de réponse”, a déclaré Andreï Keline, chef du département de la Coopération au ministère russe des Affaires étrangères.
Ce dernier a également désapprouvé le déploiement en Méditerranée du porte-avions USS Harry S. Truman avant le sommet de l’OTAN à Varsovie en juillet prochain en le qualifiant d’étalage de force.

Militaires de l'Otan
© AFP 2016 Armend Nimani
La majorité des Allemands opposés à l’envoi de militaires dans les pays baltes

Mai, Europe de l’Est (pays baltes et Pologne)

Le chef du Pentagone Ashton Carter a fait savoir début mai que l’Otan envisageait de déployer quatre nouveaux bataillons de l’Alliance dans les trois pays baltes et en Pologne. La majeure partie du contingent sera composée de soldats allemands, britanniques et américains. Les nouveaux bataillons, composés de 800 à 1.000 hommes, seront déployés sur le territoire estonien, letton, lituanien et polonais toute l’année.Mai, Europe de l’Est (Roumanie et Pologne)
La mise en service du bouclier antimissile américain en Roumanie porte atteinte aux relations internationales, selon la Russie. Un premier site du complexe défensif a été ouvert mi-mai à Deveselu, en Roumanie, et un second chantier vient de débuter à Redzikowo, en Pologne. “Cela a un effet négatif, parce que les États-Unis ont dénoncé le Traité sur la défense antimissile (Traité ABM) et ont commencé à saper les bases de la sécurité internationale”, a indiqué M.Poutine lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras.

16 mai, Europe de l’Est (Roumanie)
350 soldats venus de Bulgarie, de Moldavie, de Roumanie, de Serbie, du Royaume-Uni et des États-Unis ont participé aux manœuvres intitulées “Aigle de platine 16.1” sur la base de Smardan près de Galati, dans l’est de la Roumanie. Elles se sont achevées le 16 mai dernier.

Début mai
Après de multiples accusations à l’encontre de Moscou, Washington a finalement avoué que les militaires russes ne provoquaient pas d’incidents aériens.

P-8 Poseidon
Varsovie connaît un moyen d’éviter les conflits Russie-Otan

Fin avril, Kamtchatka

Un chasseur MiG-31 est allé intercepter un avion de patrouille maritime américain P-8 Poseidon au large du Kamtchatka (péninsule située en Extrême-Orient russe). Le Pentagone a qualifié la conduite des militaires russes de “dangereuse et dilettante”. Le ministère russe de la Défense a répliqué que ses pilotes respectaient toutes les règles internationales de l’utilisation de l’espace aérien.29 avril, mer Baltique
Un avion de reconnaissance américain RC-135 effectuant un vol au-dessus de la mer Baltique à proximité des frontières russes a été intercepté par un chasseur russe SU-27, qui a réalisé un tonneau autour de l’avion américain. Les Américains dénoncent une manœuvre “dangereuse et non professionnelle”, tandis que les Russes expliquent que ces “avions de reconnaissance américains tentent de se faufiler jusqu’à la frontière avec leur transpondeur éteint”, ce qui les rend invisibles pour les autres avions. “En conséquence, les forces de défense aérienne doivent envoyer des chasseurs pour qu’ils identifient visuellement ce type d’avion et leur numéro d’identification.”

14 avril, mer Baltique
Un avion de reconnaissance américain RC-135 effectuant un vol au-dessus de la mer Baltique à proximité des frontières russes a été intercepté par un chasseur russe SU-27.

13 avril, mer Baltique
Des avions militaires russes ont effectué une série de survols d’un navire de guerre américain dans les eaux internationales de la mer Baltique. Ils ont été qualifiés d’ “agressifs” par l’US Navy.

11-12 avril, mer Baltique, à proximité de Kaliningrad
Des avions militaires russes ont effectué une série de survols d’un navire de guerre américain dans les eaux internationales de la mer Baltique. Ils ont été qualifiés d'”agressifs” par les États-Unis. Deux Su-24 russes ont survolé 20 fois le USS Donald Cook à moins de 900 mètres de distance et à une altitude d’environ 30 mètres, selon le responsable militaire. Puis mardi, un hélicoptère russe de lutte anti-sous-marine Ka-27 a volé sept fois près du navire, en prenant des photos. L’avion n’était visiblement pas armé. Les marins américains ont tenté à de multiples reprises d’alerter l’appareil russe par fréquences internationales, mais n’ont pas reçu de réponse.

2015, petit rappel
À 66 reprises la guerre aurait pu éclater entre l’OTAN et la Russie lors des 18 derniers mois: les tensions, moins médiatisées, n’ont pas diminué depuis les accords de Minsk en avril dernier.

2014, petits rappels
Selon un rapport publié lundi par l’institut European Leadership Network (Réseau de Direction Européenne, ELN) à Londres, au moins 40 incidents ont failli provoquer des accrochages militaires entre la Russie et les forces de l’OTAN envoyées en Europe de l’Est depuis le putsch de février à Kiev.

“En 2014, l’intensité des activités d’entraînement opérationnel et de combat de l’OTAN a augmenté de 80%”, a constaté le lieutenant général Andreï Kartapolov, le chef de département de l’État-major des Forces armées de Russie.

Source : sputniknews

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