XVMb616a9fc-20fc-11e6-9053-e86a353c239c-1728x800_cUne vraie pénurie d’essence, il y en a déjà eu en France, et ce n’était pas que des mots. Ceux qui étaient là en 68 s’en souviennent encore. Une pénurie d’essence, c’est avant tout la paralysie de la circulation. Combien de voitures avait-on vu garées le long des voies de circulation, faute de carburant ? Délaissant leurs véhicules, les Français, armés de leurs bidons ou jerricans, faisaient de l’auto-stop pour envahir les rares stations-services où ils pouvaient encore trouver quelques gouttes du précieux liquide. Les automobilistes chanceux qui avaient réussi à atteindre ces stations avant la panne, ne pouvaient faire le plein, l’essence étant rationnée.

Que voit-on aujourd’hui, avec la nouvelle « pénurie » d’essence ? Il y a toujours autant d’embouteillage, et il n’y a pas beaucoup de voiture en rade au bord des routes. On ne voit pas non plus des milliers de personnes à pied, avec leurs bidons, à la recherche de stations-services. En somme, les médias nous parlent d’une pénurie, mais nous n’en voyons pas trop les conséquences. Pour faire monter les inquiétudes, tous les jours les journalistes nous annoncent que cela ne saurait tarder. A moins que…

A moins que l’Etat ne vienne à notre secours. Ça pue la manipulation à plein nez. C’est le parfait art de créer un problème d’apparence énorme (grâce aux médias), mais facilement gérable, pour d’une part, en faire oublier d’autres plus difficiles à résoudre, et d’autre part, apparaitre comme le sauveur d’une situation catastrophique. La pénurie a tout l’air de n’être que médiatique. Pour bien aider les Français à s’inquiéter, l’Etat va jusqu’à mettre à disposition une carte de France de la pénurie en temps réel, complaisamment relayée par les médias. Quoi de plus angoissant qu’une carte entièrement recouverte de points rouges, donnant l’impression d’une généralisation du manque de carburant.

En plein état d’urgence, la France n’a pas été aussi agitée depuis bien longtemps. Mais, malgré le tapage mené autour d’un risque de « pénurie » d’essence, et malgré le passage en force de la loi sur le droit du travail, cette agitation est peu mobilisatrice, et reste sous forme de mécontentement profond, mais désabusé. Face aux risques de pénurie d’essence, l’inquiétude attendue des Français n’a pas été au rendez-vous et il n’y a pas eu de « fuel run ». Le « déblocage » des raffineries par les forces de l’ordre contre les « méchants » inciviques qui veulent paralyser la France est suivi avec indifférence. Il semble bien que tout ceci n’ira pas bien loin.

Avic – Réseau International

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît, inserez votre commentaire!
Please enter your name here