Présidentielle au Mali : les arguments des candidats qui rejettent déjà les résultats

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01 août 2018 à 20h10 | Par Aïssatou Diallo et Baba Ahmed – à Bamako. Mis à jour le 01 août 2018 à 20h39
Lors de la conférence de presse des candidats de l’opposition dénonçant le processus électoral lors du 1er tour de la présidentielle malienne, mercredi 1er août à Bamako. © REUTERS/Luc Gnago
Alors que les résultats officiels au premier tour de la présidentielle malienne ne sont pas encore connus, une vingtaine de candidats, parmi lesquels les principaux challengers du président sortant Ibrahim Boubacar Keïta, ont dénoncé mercredi les résultats du scrutin qu’ils estiment « émaillé de multiples anomalies ».

«  Bourrage d’urnes », « achat de votes »… Les mots sont durs. Les accusations sont graves, et les mines également. Dans une salle surchauffée de la maison de la presse de Bamako, Mohammed Aly Bathily, candidat à la présidentielle, prend la parole : « Nous nous demandons si le scrutin du 29 juillet était une consultation électorale ou un marché électoral !». Tonnerre d’applaudissement.

La conférence de presse tourne presque au meeting politique. Soumaïla Cissé, Aliou Diallo, Mamadou Igor Diarra, Housseiny Amion Guindo, Kalfa Sanogo… Ils sont une vingtaine de candidats, ou leurs représentants, à se serrer à la tribune, affichant un front commun. L’objectif : dénoncer d’une même voix les résultats du scrutin, avant même leur publication, qui doit théoriquement être effective dans les cinq jours suivant la tenue du scrutin. Soit au plus tard vendredi.

Après le premier tour de l’élection présidentielle ce dimanche 29 juillet, les Maliens attendent désormais les résultats provisoires avec impatience – lesquels devraient être connus d’ici demain soir. En attendant, Cécile Kyenge, la chef de la mission d’observation électorale de l’Union européenne (UE), a tenu une conférence de presse ce mardi pour donner sa première analyse du processus électoral.

La députée italienne a estimé que « des incidents sécuritaires [ont] affecté le déroulement du scrutin dans une partie des bureaux de vote des régions centre et nord », mais que « le vote s’est déroulé dans le calme dans le reste du pays ».

« Les procédures ont été globalement respectées malgré des difficultés dans l’établissement des procès-verbaux », a-t-elle ajouté. Selon des chiffres fournis depuis dimanche par le gouvernement, le vote a été perturbé par des « attaques à main armée et autres violences » dans 4 632 bureaux de vote sur 23 041. Le scrutin n’a par ailleurs pu se tenir dans 716 bureaux, principalement dans la région de Mopti (centre).

Craintes de crise post-électorale

Lors de son point presse, Cécile Kyenge a réitéré sa demande aux autorités maliennes de publier « la liste complète et détaillée de l’ensemble des bureaux où le vote n’a pas eu lieu, dans un souci de transparence et de préservation de l’intégrité du scrutin ». Elle a aussi demandé la mise en ligne de « l’ensemble des résultats bureau de vote par bureau de vote » dès que possible.

Enfin, la patronne de la mission européenne a demandé aux candidats de « faire preuve de mesure en évitant d’annoncer leurs propres estimations avant la publication des résultats provisoires par l’administration électorale ».

Depuis lundi, chaque camp y va en effet de ses propres estimations. L’équipe de campagne du président sortant Ibrahim Boubacar Keïta affirme ainsi qu’il arrive « largement en tête », tandis que celle de son principal rival Soumaïla Cissé assure qu’un deuxième tour opposera les deux hommes, dans un remake de la présidentielle de 2013.

Alors que la crainte d’une crise post-électorale est dans toutes les têtes en cas d’annonce d’une victoire d’IBK dès le premier tour, Cécile Kyenge a rappelé aux candidats que « les contestations éventuelles » devraient se régler « de manière pacifique », « en privilégiant la seule voie des recours judiciaires » devant la Cour constitutionnelle. La date d’un éventuel second tour a été fixée au dimanche 12 août.

Source: J.A


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