«Si Assange est condamné, ce sera un précédent terrifiant pour tous les journalistes»

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Selon les 17 nouveaux chefs d’inculpation qui relèvent de l’Espionage Act, loi américaine vieille de plus d’un siècle, Julian Assange encourt jusqu’à 175 ans de prison. L’analyste politique américain John Steppling donne à Sputnik son opinion sur ce que cela signifie pour le fondateur de WikiLeaks et pour les journalistes du monde entier.

Si le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, est condamné selon ces nouvelles accusations d’espionnage que les États-Unis ont lancées contre lui, il risquera de passer toute sa vie en prison, a déclaré à Sputnik John Steppling, analyste politique américain, rappelant que ces 17 nouveaux chefs d’inculpation cumulés étaient passibles de 175 ans d’emprisonnement.

Julian Assange
© SPUTNIK . ALEX MCNAUGHTON
Washington annonce 17 nouvelles inculpations contre Julian Assange.

«Il a été accusé en vertu de la loi de 1917 sur l’espionnage, et je ne pense pas que cet acte ait jamais été utilisé auparavant. […] Si Assange est condamné, ce sera un précédent terrifiant pour tous les journalistes», a-t-il estimé.

Et d’ajouter que le gouvernement américain voulait, de toute évidence, éliminer le peu qu’il restait encore du Premier amendement et des libertés civiles.

Julian Assange
© AFP 2019 DANIEL LEAL-OLIVAS
Le parquet suédois demande l’arrestation de Julian Assange.

«Si Assange est condamné, […] il viendra aux États-Unis enchaîné. Tout ce qui peut être fait en secret en termes de procédure judiciaire sera fait en secret. Et il n’a aucune chance d’éviter le plus strict isolement cellulaire. Il va disparaître quelque part dans un cachot», a poursuivi l’Américain.

Selon ce dernier, la possibilité d’un procès en bonne et due forme a pratiquement disparu.

«En réalité, les “crimes” qui sont imputés à Assange sont mineurs et tout à fait éphémères en comparaison notamment des crimes de guerre dont les dirigeants de l’Occident sont coupables. Le tout est assez effrayant», a constaté M.Steppling.

Interrogé sur le rôle que pourrait jouer le Royaume-Uni dans le destin de Julian Assange, alors que la Suède demandait elle aussi son extradition, l’analyste a répondu:

«Le Royaume-Uni fera ce que les États-Unis leur diront de faire. […] Eh bien, je suppose que le Royaume-Uni va téléphoner à l’administration Trump pour lui demander ce que “Donald” voudrait que l’on fasse. Rappelez-vous ces images: Assange traîné hors de l’ambassade d’Équateur par ce genre de voyous employés par le gouvernement britannique».

Activistas con la foto de Julian Assange, fundador de WikiLeaks, cerca del juzgado de Westminster, Reino Unido
© REUTERS / HENRY NICHOLLS
Rédacteur en chef de WikiLeaks: «La justice a disparu depuis longtemps» pour Assange.

Si Julian Assange est reconnu coupable, il risque aux États-Unis une peine cumulée de 175 ans de prison.

Le fondateur de WikiLeaks, 47 ans, a été arrêté le 11 avril à l’ambassade d’Équateur à Londres, où il s’était réfugié depuis sept ans, à la suite d’une demande d’extradition des États-Unis.

Il a été condamné au début du mois de mai à près d’un an de prison par la justice britannique pour violation des termes de sa liberté conditionnelle lorsqu’il s’était réfugié à l’ambassade d’Équateur en 2012.

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